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LIVRE XXXI.
Août 1808. ment et avec ensemble, à la suite des Français alertes, ré-solus, nullement intimidés par leur infériorité numérique,quoiqu’ils ne fussent qu’un contre cinq, trois mille environcontre quatorze ou quinze mille. Le général Delaborde ne crutpas devoir s’attacher à défendre Koliça au milieu de la plaine,car même en défendant ce point avec sucçès, il ne pouvaitmanquer d’y être bientôt enveloppé, et réduit pour n’être paspris à eu sortir avec précipitation et désordre. Il aima mieuxse retirer spontanément au fond de la plaine, sur les hauteursque la roule gravissait pour descendre à Zambugeiro. Il seplaça en effet au sommet des collines le long desquelles laroute s’élevait, et y attendit les Anglais avec résolution. Ceux-ci continuèrent à s’avancer. La brigade du général Nightingalemarchait la première sur une seule ligne, appuyée par lesbrigades Hill et Fane en colonnes serrées, tandis qu’à sagauche la brigade Crawfurd faisait un détour pour déborderles Français, et qu’à sa droite le détachement portugais enfaisait un aussi pour les prévenir à Zambugeiro.
Le général Delaborde, laissant les Anglais s’engager pé-niblement dans des ravins remplis de myrtes, de cistes, etde ces forts arbrisseaux qui naissent dans les contrées méri-dionales, choisit pour les attaquer le moment où ils étaientle plus empêchés par les obstacles du terrain. Il les fit fusillerd’abord par des tirailleurs adroits, puis charger vivement àla baïonnette par ses bataillons, et culbuter au pied des hau-teurs. Plusieurs fois il renouvela cette manœuvre, et il blessaainsi ou tua douze ou quinze cents hommes à l’ennemi. Il sou-tint ce combat quatre heures de suite, toujours manœuvrantavec un art, une précision rares, et détruisant deux ou troisfois plus de monde qu'il n’en perdait. Il ne se retira que lors-qu’il se sentit exposé à être débordé par les colonnes qui dedroite et de gauche marchaient sur Zambugeiro. Plusieurs dé-tachements essayèrent en vain de l’arrêter : il leur passa surle corps, et arriva à Zambugeiro, ayant lui-même cinq ou six