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[Vol. 5.]
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B.4 VI, EN.

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royaume de Naples, lui écrivit le 9 août, des bords de PÈbre, Août i® 8 -une lettre désespérée, qui fut sans doute pour lui le plus crueldes reproches. — .l’ai tout le monde contre moi, lui disait-il,tout le monde sans exception. Les hautes classes elles-mêmes,d’abord incertaines, ont fini par suivre le mouvement desclasses inférieures. 11 ne me reste pas un seul Espagnol quisoit attaché à ma cause. Philippe V n’avait qu’un compétiteurà vaincre; moi, j’ai une nation tout entière. Comme général,mon rôle serait supportable et même facile, car, avec un dé-tachement de vos vieilles troupes, je vaincrais les Espagnols;mais comme roi, mon rôle est insoutenable, puisque, poursoumettre mes sujets, il me faut en égorger une partie. Jerenonce donc à régner sur un peuple qui ne veut pas de moi.Cependant, je désire ne pas me retirer en vaincu. Envoyez-moi une de vos vieilles armées; je rentrerai à sa tête dansMadrid, et là je traiterai avec les Espagnols. Si vous le voulez,je leur rendrai Ferdinand VII en votre nom, mais en leurretenant une partie de leur territoire jusqu’à I’Ebre, car laFrance victorieuse aura le droit de faire payer sa victoire.

Elle obtiendra ainsi le prix de ses efforts, de son sang versé,et moi je vous redemanderai le trône de Naples. Le princeauquel vous le destinez n’en a pas encore pris possession. Jesuis, d’ailleurs, votre frère, votre propre sang; la justice et laparenté veulent que j’aie la préférence, et j’irai alors conti-nuer, au milieu du calme qui convient à mes goûts, le bon-heur d’un peuple qui consent à être heureux par mes soins.

— Telle est la substance de ce que Joseph écrivait des bordsde l’Ebre à Napoléon. Aucun jugement ne pouvait être plussévère et plus juste, que celui qui résultait de ce langage d’unroi désespéré, réduit à régner malgré lui sur un peuple enrévolte. Napoléon le comprit, et prouva, par la réponse qu’onlira plus tard, à quel point il avait senti la dureté involontairede ce jugement porté par son propre frère.

FIN DU LIVRE TRENTE ET UNIEME.