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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Août 1808.

Tristeconclusionde l’entreprised’Espagne

Insurrection

des

colonies

espagnoles.

Désespoirde Josephet son de'sirde retourner hNaples.

les côtes du Portugal, et les préparèrent à porter les 22 milleFrançais restant des 26 mille qui avaient suivi le généralJunot. Ils les prirent à leur bord dans les premiers jours deseptembre, pour les déposer fidèlement sur les côtes de laSaintonge et de la Bretagne.

Ainsi, dès la fin d’août, toute la Péninsule, envahie si faci-lement en février et mars, était évacuée jusqu’à l’Èbre. Deux •armées françaises avaient capitulé, l’une honorablement, l’autred’une façon humiliante, et les autres n’occupaient plus surl’Èbre que le débouché des Pyrénées. Des 130 mille hommesqui avaient franchi les Pyrénées, il n’y en avait pas 60 millesous les armes, quoiqu’il en restât quatre-vingt, sans compter,il est vrai, les 22 mille qui naviguaient sous pavillon bri-tannique pour rentrer en France. Telle était la récompensed’une entreprise tentée avec des troupes inaguerries et troppeu nombreuses, préparée de plus par une politique fourbeet inique. Nous avions perdu en un instant notre renom deloyauté, le prestige de notre invincibilité, et l’Europe pouvaitêtre autorisée à croire pour le moment que l’armée françaiseétait déchue de sa supériorité. Il n’en était rien pourtant, etcette héroïque armée allait prouver encore en cent combatsqu’elle était toujours la même.

Pour comble de confusion, ces riches colonies espagnoles,qui occupaient tant de place dans les immenses projets deNapoléon, nous échappaient de toutes parts. Le Mexique, levaste continent du Sud, depuis le Pérou jusqu’aux bouches dela Plata, s’insurgeaient au bruit des événements de Bayonne,ouvraient leurs ports aux Anglais, et embrassaient la causede la dynastie prisonnière.

Ainsi, toutes les combinaisons de Napoléon échouaient à lafois devant l’indignation d’une nation trompée et exaspérée.

II ne manquait donc rien au châtiment dû à sa faute, rienassurément, car son frère lui-tnême, effrayé de la tâche qu’ils’était imposée, regrettant profondément le doux et paisible