ERFURT.
207
M. de Metternich. qui, à Paris, déployait beaucoup de zèlepour maintenir la paix, qui, dans tous ses entretiens, soit avecles ministres de l’Empereur, soit avec l’Empereur lui-même,prodiguait les assurances pacifiques, se hâta de répondrequ’on aurait pleine satisfaction relativement aux armementsde l’Autriche. Mais quant à la reconnaissance du roi Joseph,prenant un ton moins affirmatif, une attitude moins aisée, ildéclara que, pour lui, il ne prévoyait pas de résistance dela part de son cabinet, qu’il ne pouvait toutefois se prononcersans en avoir référé à Vienne. 11 était évident qu’en ce pointon touchait à la plus grande des difficultés actuelles, et quepour obtenir de l’Autriche un tel désaveu de ses sentiments,de ses discours les plus récents, pour lui infliger une tellehumiliation, il ne faudrait pas un moindre effort que s’ils’agissait de lui arracher de nouvelles provinces. Ce n’enétait pas moins un moyen de l’embarrasser, et de la ramenerà plus de circonspection, si elle n’était pas prête à combattre.
Au fond, Napoléon commençait à croire qu’il lui faudraitavec elle une nouvelle et dernière lutte pour la réduire dé-finitivement; mais il voulait savoir si, auparavant, il auraitau moins six mois pour faire une rapide campagne en Es-pagne, et y porter cent mille hommes de ses vieilles troupes,sans danger pour sa prépondérance au delà du Rhin. Toutesses démonstrations, toutes ses demandes d’explication n’a-vaient pas un autre but.
Afin de leur donner un caractère encore plus sérieux, ilréclama de tous les princes de la Confédération du Rhin unpremier contingent, faible à la vérité, mais suffisant pour pro-voquer beaucoup de propos inquiétants en Allemagne, etfaire réfléchir l’Autriche. Si la guerre avec elle finissait paréclater, ces faibles contingents seraient portés à leur effectiflégal, sinon ils iraient tels quels en Espagne concourir à lanouvelle guerre que Napoléon s’était attirée, car il voulait queles princes du Rhin fussent engagés avec lui dans toutes ses
Août 1803.
Certaind'avoir tôt outard une nou-velle guerreavec
l’Autriche,Napoléon veutsavoir seule-ment s’il aurale tempsde faireune campagnecourte maisdécisive.
Napoléonfait demanderun premiercontingentde troupesaux princesde la
Confédérationdu Rhin.