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LIVRE XXXII.
Août 1808.
Pour
sonder plussûrementles
dispositions
de
t'Autriche,.Napoléon luilait demanderla reconnais-sancede Joseph.
crise ce sera la guerre. La nature morale comme la naturephysique, quand elles en sont venues à cet état orageux quiprécède la tempête, ont besoin d’éclater, pour épurer l’air etramener la sérénité. Voilà ce que je crains de votre conduiteprésente. Je vous le répète, ajouta Napoléon, je ne veux riende vous, je ne vous demande rien que la paix, des relationspaisibles et sûres; mais si vous faites des préparatifs, j’enferai de tels que la supériorité de mes armes ne soit pas plusdouteuse que dans les campagnes précédentes, et, pour con-server la paix, nous aurons amené la guerre. —
En terminant cet entretien, Napoléon combla M. de Metter-nich de témoignages flatteurs, et se comporta en tout commeun homme qui voulait la paix, sans craindre la guerre, maisqui était résolu à ne pas demeurer dans l’obscurité. M. deMetternich et les assistants qui l’entendirent ne purent con-server aucune incertitude sur ses véritables intentions, et ilse montra aussi ferme que calme et habile.
Le lendemain, 16, fut un jour d’ordres multipliés. M. deChampagny dut transmettre à Vienne l’entretien que Napoléonvenait d’avoir avec M. de Metternich, et tirer de tous ces pour-parlers des conclusions précises. On dit à Paris à M. de Met-ternich, on chargea M. le général Andréossy de répéter àVienne, qu’il fallait absolument interrompre les armementscommencés, les interrompre d’une manière tout à fait rassu-rante, sinon se battre à l’instant même. Puis, pour sonderplus sûrement l’Autriche, Napoléon lui fit demander la recon-naissance immédiate du roi Joseph. C’était sans aucun doutele moyen le plus infaillible de savoir ce qu’elle pensait, ou dumoins ce qu’elle voulait dans le moment; car si on parvenaità lui arracher, contrairement à tous ses sentiments, à sonlangage le plus hautement, le plus récemment tenu, lare-connaissance de la royauté de Joseph, c’est qu’elle n’était ca-pable de rien tenter, de rien oser, et, pour quelque tempsau moins, on devait être tranquille à son égard.