Band 
[Vol. 5.]
Seite
209
JPEG-Download
 

ERFURT.

209

ennemi, du moins en partie, car il acquittait une portion de Aoùt 1808 -ses dépenses sur le trésor extraordinaire.

Il était indispensable pourtant de mettre un terme à cetteoccupation prolongée. En effet, depuis la guerre d’Espagne, ^“retireril devenait impossible de garder une si vaste étendue de pays, s " r >eet il fallait abandonner un certain nombre de provinces. Il lefallait, non pas pour plaire à la Russie, avec laquelle tout dé-pendait d’une concession en Orient; non pas pour plaire à laPrusse, qui, accablée du fardeau pesant sur elle, demandaità traiter à toutes conditions, sauf à ne pas exécuter ces con-ditions plus tard si elle ne le pouvait point, ou si la fortunel’en dispensait; non pas davantage pour plaire à l’Autriche,avec laquelle on n’en était plus aux ménagements; mais il lefallait pour resserrer ses forces, et en reporter une partie versles Pyrénées. C’était le cas néanmoins de tirer de ce mouve-ment rétrograde, qui était devenu nécessaire, une solutionavantageuse avec la Prusse. C’était le cas aussi d’en tirerquelque chose d’agréable pour la Russie; car, après l’arrange-ment des affaires d’Orient, ce que l’empereur Alexandre dé-sirait le plus, pour être délivré, disait-il, des importunités degens malheureux qui lui reprochaient leur malheur, c’étaitl’évacuation de la Prusse, et le règlement définitif des contri-butions de guerre qu’on exigeait encore de cette puissance.

Depuis plusieurs mois résidait à Paris le prince Guillaume,frère du roi de Prusse, envoyé auprès de Napoléon pour tâ-cher d’obtenir la réduction des charges qu’on faisait peser surson pays. Ce prince, par son attitude digne et calme, par saprudence, avait su se concilier l’estime de tout le monde, eten particulier celle de Napoléon. Toutefois, il avait inutilementallégué jusqu’ici l’impuissance où se trouvait la Prusse d’ac-quitter les sommes auxquelles on voulait l’imposer, et toutaussi vainement offert la soumission la plus complète, la plusabsolue de la maison de Brandebourg, soumission garantiepar un traité d’alliance offensive et défensive. Napoléon ne

14

tom. IX.