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LIVRE XXXII.
Août L808.
Napoléon
prête
enfin l'oreilleaux
sollicitationsdu princeGuillaume,venu à l*arispour
demanderl'évacuationde la Prusse.
Conditions
de
l'eVacuation.
Stipulationssecrètesdu traitéd'évacuation.
s’était laissé toucher ni par ces allégations, ni par ces offres,parce qu’il croyait que tout ce qu’il rendrait de ressources àla Prusse, elle l’emploierait à refaire ses forces pour les tour-ner contre lui. Avant Iéna, il aurait pu compter sur elle; de-puis, il sentait bien qu’elle devait être implacable, et quel’épuiser, si on ne parvenait à la détruire, était la seule poli-tique prévoyante. Obligé cependant de ramener ses troupesen arrière, il consentit à entendre, enfin, les propositions duprince Guillaume, et après des pourparlers assez longs, ilconvint d’évacuer la Prusse en entier, sauf trois places fortessur l’Oder, Glogau, Stettin et Custrin, qu’il garderait jusqu’àl’acquittement des contributions stipulées, et il accorda cetteévacuation à la condition du payement d’une somme de 140millions, tant pour les contributions ordinaires que pour lescontributions extraordinaires non acquittées. Cette sommedevait être payée moitié en argent ou lettres de change ac-ceptables, moitié en titres sur les domaines territoriaux dela Prusse, de manière que le tout fût soldé dans un délaiprochain, les lettres de change dans onze ou douze mois, àraison de six millions par mois, les titres fonciers dans un anet demi au plus. L’évacuation devait commencer immédiate-ment, et les troupes françaises se retirer dans la Poméraniesuédoise, les villes anséatiques, le Hanovre, la Westphalie, lesprovinces saxonnes et franconiennes enlevées à la Prusse,et restées à la disposition de la France. Mais avec Stettin,Custrin et Glogau sur l’Oder, Magdebourg sur l’Elbe et sestroupes en Hanovre, en Saxe, en Franconie, Napoléon étaittoujours présent en Allemagne, et en mesure de la dominer.Pour plus de sûreté, il fit insérer un article secret dans laconvention d’évacuation, article jusqu’ici demeuré inconnu,par lequel la Prusse s’obligeait, pendant dix ans, à renfermerson effectif militaire dans les limites suivantes : dix régimentsd’infanterie contenant 22 mille hommes, huit régiments de ca-valerie forts de 8 mille, un corps d’artillerie et de génie s’éle-