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LIVRE XXXII.
Août 1808.
Convenance‘lu langage<le l’empereurAlexandreà l'egarddes reversde l'arméefrançaise enEspagne.
trouvant un prétexte plausible à ses plaintes dans l’interdic-tion de la navigation, tenait de nouveau un langage inconve-nant sur la politique d’alliance avec la France; et il est vraique cetto politique ne se distinguait alors ni par la moraliténi par le succès; car enlever la Finlande à un parent dont onavait long-temps excité l’extravagance naturelle, et de la fai-blesse duquel on avait de la peine à triompher, ne valaitguère mieux que ce qui se passait en Espagne, et y ressem-blait même beaucoup. — Il faut faire, avait dit en proprestermes l’empereur Alexandre à M. de Gaulaincourt, bonnemine à mauvais jeu, et traverser sans fléchir ce moment dif-ficile. ■— Ce prince, plein de tact, avait autant que possibleévité d’entretenir M. de Gaulaincourt de nos échecs en Es-pagne , n’avait touché à ce sujet que quand il n’avait pu setaire sans une affectation gênante pour celui même qu’il vou-lait ménager; et puis, lorsque les cris de joie du parti an-glais à Saint-Pétersbourg avaient proclamé le désastre du gé-néral Dupont, et exagéré notre insuccès jusqu’à dire détruitel’armée qui était entière sur l’Ebre, et prisonnier le roi Josephqui tenait sa cour à Vittoria, il en avait parlé à M. de Caulain-court, comme n’étant ni publiquement ni secrètement satis-fait des revers d’une armée long-temps ennemie de la sienne,comme étant fâché au contraire d’un pareil accident, et nevoyant dans ce qui avait eu lieu rien que de simple, d’indiffé-rent, de facile à expliquer. — Votre maître a envoyé là dejeunes soldats, en a envoyé trop peu; il n’y était pas d’ail-leurs : on a commis des fautes ; il aura bientôt réparé cela.Avec quelques milliers de ses vieux soldats, un de ses bonsgénéraux, ou quelques jours de sa présence, il aura promp-tement ramené le roi Joseph à Madrid, et fait triompher lapolitique de Tilsit. Quant à moi, je serai invariable, et je vaisparler à l’Autriche un langage qui la portera à faire des ré-flexions sérieuses sur son imprudente conduite. Je prouveraià votre maître que je suis fidèle, dans la bonne comme dans