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LIVRE XXXII.
Août 1808.
Napoléonse décide àune entrevueavec
l'empereur
Alexandre.
Fixationdu moisde septembreet de la villed’Erfurtpôur l'époqueet le lieude cetteentrevue.
ment réelle et solide, mais apparente, afin d’imposer à tousles ennemis de l’Empire.
Napoléon, tandis qu’il pressait l’Autriche de ses questions,et qu’il accordait à la Prusse l’évacuation de son territoire,expédiait à M. de Caulaincourt un courrier pour l’autoriser àconsentir à une entrevue solennelle avec l’empereur Alexandre.Celui-ci avait parlé de la fin de septembre, à cause de la clô-ture de la navigation qui avait lieu à cette époque : Napo-léon, à qui le moment convenait, l’accepta. Alexandre avaitparu désirer pour lieu du rendez-vous ou Weimar, à causede sa sœur, ou Erfurt, à cause de la plus grande liberté donton y jouirait : Napoléon acceptait Erfurt, l’un des territoiresqui lui restaient après le dépècement de l’Allemagne, et dontil n’avait encore disposé en faveur d’aucun des souverains dela Confédération. Ayant ainsi déterminé d’une manière géné-rale l’époque et le lieu de l’entrevue, et laissant à l’empereurAlexandre le soin de fixer définitivement les jours et les heu-res, il donna des ordres pour que cette entrevue eût toutl’éclat désirable.
Il se trouvait encore sur le Rhin des détachements de la
P o r « rendre S arc * e impériale. Napoléon dirigea un superbe bataillon dela^rencoiitre grenadiers de cette garde sur Erfurt. Il ordonna de choisir unempereurs, beau régiment d’infanterie légère, un régiment de hussards,un de cuirassiers, parmi ceux qui revenaient d’Allemagne, etde les diriger également sur Erfurt, pour y faire un serviced’honneur auprès des souverains qui devaient assister à l’entre-vue. 11 dépêcha des officiers de sa maison avec les plus richesparties du mobilier de la couronne, afin qu’on y disposâtélégamment et somptueusement les plus grandes maisons dela ville, et qu’on les adaptât aux besoins des personnages quiallaient se réunir, empereurs, rois, princes, ministres, géné-raux. Il voulut que les lettres françaises contribuassent à lasplendeur de cette réunion, et prescrivit à l’administrationdes théâtres d’envoyer à Erfurt les premiers acteurs français,