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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXII.

Si'pt. i£ 08 . à M. de Romanzoff, lui disant qu’il conduisait Alexandre à saperte, et qu’il arriverait peut-être à Erfurt de l’empereur deRussie ce qui était arrivé à Bayonne des malheureux souve-rains de l’Espagne. Enfin elle n’avait pu s’empêcher d’exprimerses appréhensions à l’empereur lui-même, qui l’avait rassuréeplutôt comme un fils reconnaissant que comme un maître ab-solu, blessé de ce qu’on jugeât si mal ses démarches et lesconséquences qu’elles pouvaient avoir. Des suppositions aussiétranges prouvaient deux choses : l’aveuglement des vieillescours, et la force que Napoléon avait rendue à leurs préjugéspar sa conduite à Bayonne.

Alexandre ne tint aucun compte de ces craintes, partit de<ic relflpereur Saint-Pétersbourg avec son frère et quelques aides-de-campefson'rlpide (il s’était fait précéder par MM. de Romanzoff et de Caulain-i. v travers court), et courut la poste en voyageant avec autant de sim-

la Pologne et •. ,

l’Aiiemagne. phcite que de célérité. Il avait ete convenu que Napoléon,étant chez lui à Erfurt, se chargerait des soins matériels decelte grande représentation, et qu’Alexandre n’aurait à y trans-porter que sa personne et celle de ses officiers. Il voyageaitavec une simple calèche, plus vite que les courriers les pluspressés. Il s’arrêta le 18 septembre à Kœnigsberg, parut s’a-pitoyer beaucoup sur les malheurs de ses anciens alliés, pres-que réduits à vivre dans l’indigence à l’une des extrémités deleur royaume, et repartit immédiatement pour Weimar.

Partout où il y avait des troupes françaises, un accueil desplus brillants était préparé au jeune czar. Les corps d’arméeétaient sous les armes dans leur plus belle tenue, criant :Vive Alexandre ! Vive Napoléon ! Alexandre les passait en re-vue , les félicitait de leur aspect militaire qui répondait à leurvaleur, et les charmait par sa grâce infinie. Napoléon lui avaitenvoyé le maréchal Lannes, devenu duc de Montebello, pourle recevoir aux limites de la Confédération du Rhin, lesquelless’étendaient jusqu’à Bromberg. Alexandre avait comblé decaresses et entièrement séduit ce vieux militaire, qui, quoique