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[Vol. 5.]
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UVRE XXXII.

St'pt. 1608 .

Premièrerencontredes deuxempereurssur la routede Weimar àKrftirt.

Emploie la premièrejournée àKrfurt.

aller à la rencontre de l’empereur Alexandre, qui venait deWeimar en voiture découverte. Weimar est à quatre ou cinqlieues d’Erfurt. Napoléon rencontra son allié à deux lieues.En apercevant la voiture qui le transportait, il fit prendre legalop à son cheval comme pour mieux témoigner son empres-sement. Arrivés l’un près de l’autre, les deux empereurs mi-rent pied à terre, s’embrassèrent coi'dialement, et avec tousles signes d’un extrême plaisir à se revoir : plaisir sincère dureste; car, outre qu’ils avaient grand besoin de conférer deleurs affaires, ils se plaisaient réciproquement. Des chevauxavaient été préparés pour Alexandre et sa suite; les deuxempereurs rentrèrent donc à cheval, marchant l’un à côté del’autre, s’entretenant avec une véritable effusion, se deman-dant des nouvelles de leurs familles, comme si ces famillesde même origine s’étaient jadis connues et aimées, charmantenfin par leur aspect les populations accourues des paysenvironnants, avides de les voir, et heureuses de les trouversi bien d’accord, car c’était pour elles un gage qu’elles nereverraient plus ces formidables armées qui deux ans aupara-vant, à la même époque et dans les mêmes lieux, ravageaientleurs belles campagnes.

Arrivé à Erfurt, Napoléon présenta à l’empereur Alexandretous les personnages admis à celte entrevue, en commençantpar les rois et princes, et le reconduisit ensuite au palais qu’illui avait destiné. C’était chez Napoléon qu’on devait dîner tousles jours, puisque c’était lui qui offrait l’hospitalité au souve-rain du Nord. Le soir, s’assirent autour d’un festin splendideNapoléon, Alexandre, le grand-duc Constantin, le roi de Saxe,le duc de Weimar, le prince Guillaume de Prusse, la fouleenfin des princes régnants, des personnages titrés, civils etmilitaires. La ville fut illuminée, et on assista à une représen-tation de Cinna, donnée par les acteurs tragiques les plusparfaits que la France ait jamais possédés. La clémence habiledu fondateur d’empire désarmant les partis, les rattachant à