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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXIII.

jvuv. L 808 . l’abandon de tous les marchés que les entrepreneurs n’avaientpas exécutés, la création immédiate à Bordeaux d’ateliers deconfectionnement, dans lesquels on emploierait les draps duMidi à faire des habits; eonlremanda tous les envois de grainset de bétail, pour ne porter ses ressources que sur l’habille-ment, fit construire à Bayonne des baraques pour y loger lesquatrièmes bataillons, accéléra la marche des conscrits pouren remplir les cadres, passa en revue les troupes qui arri-vaient, envoya aux administrations des postes et des ponts etchaussées une foule d’avis lumineux et impératifs, puis, le 4 ausoir, franchit la frontière, alla coucher à Tolosa, et le lende-main 5 se rendit à Vitloria, où se trouvait le quartier-généralde son frère Joseph. Il voyagea à cheval, escorté par la cava-lerie de la garde impériale, et entra de nuit à Yiltoria, désirantne recevoir aucun hommage, et se loger hors de la ville, afinde satisfaire son goût, qui était de vivre en plein air, et d’être

potes au lieu de 50,000 ; 15,000 paires de souliers au lieu de 120,000. Jemanque de tout; l’habillement va au plus mal ; mon armée qui va entrer encampagne est nue, elle n’a rien. Les conscrits ne sont pas habillés; vos rap-ports ne sont que du papier. Ce sont des convois qui m’étaient nécessaires ;il fallait les faire partir en règle , et y mettre à la tète un officier ou un com-mis, et alors on eût été sur de leur arrivée,

» Vous trouverez ci-joint des lettres du préfet de la Gironde et un rapportde l’inspecteur aux revues Dufresne ; vous y verrez que tout est vol et dila-pidation. Mon armée est nue, et cependant elle entre en campagne. Je n’enai pas moins dépensé beaucoup d’argent, mais c’est autant de jeté dans l'eau. j>

Au ministre Dejcan, directeur de l'administration de la guerre.

«Tolosa, le 5 novembre 1808.

» Les vivres qui sont à Bayonne ne seront pas consommés. Il ne manquepas de vivres en Espagne, surtout des bestiaux et du vin. Je viens d’ordon-ner que la réserve de boeufs soit contremandée ; elle est inutile, ce sera uneéconomie de 2 millions.

» Ce qu’il me faut ce sont des capotes et des souliers. Je ne manqueraisde rien si mes ordres avaient été exécutés. Aucun de mes ordres n’a été exé-cuté, parce que l’ordonnateur n’est pas sur, et qu’on ne traite qu'avec desfripons. Il faut envoyer à Bayonne un ordonnateur au-dessus du soupçon.Je ne veux point de marchés. Vous savez que les marchés ne produisent quedes friponneries.