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LIVRE XXXIII.
Nov. ISO?.
Ce qui s’était[passéen Espagnependantles moisde septembreet d’octobre.
Exaltation
f iroduite chezes Espagnolspar letriomphede Baylen.
Difficulté
de
constituerun gouverne-ment.
trée, afin de commencer sur-le-champ les opérations décisivesqu’il avait projetées.
Pour comprendre les remarquables opérations qu’il ordonnaen cette circonstance, et qui ne furent pas au nombre desmoins belles de sa vie militaire, il faut savoir ce qui s’étaitpassé en Espagne pendant les mois de septembre et d’octobre,mois employés tant à Paris qu’à Erfurt en négociations, enpréparatifs de guerre, en mouvements de troupes.
Les Espagnols, doublement enthousiasmés du triompheinespéré de Baylen et de la retraite du roi Joseph sur l’Èbre,étaient dans le délire de la joie et de l’orgueil. Ce n’étaientpas quelques conscrits, accablés par la chaleur, mal conduitspar un général malheureux, qu’ils croyaient avoir vaincus,mais la grande armée, et Napoléon lui-même. Ils se suppo-saient invincibles, et ne songeaient à rien moins qu’à réunirune masse de cinq cent mille hommes, à porter ces cinq centmille hommes au delà des Pyrénées, c’est-à-dire à envahir laFrance. Dans les négociations avec les Anglais, qu’ils savaientvainqueurs aussi en Portugal, mais dont ils dédaignaient fortla convention de Cintra, en la comparant à celle de Baylen,ils ne parlaient que d’entreprises dirigées contre le midi de laFrance. Us acceptaient et désiraient même le secours d’unearmée anglaise, mais ils le demandaient sans y attacher lesalut de l’Espagne, qu’ils se chargeraient bien d’opérer indé-pendamment de toute assistance étrangère. Qu’on se figure lajactance espagnole, si grande en tout temps, exaltée par untriomphe inouï, et on se fera à peine une idée juste des follesexagérations que débitaient les insurgés.
Ce qui pressait le plus, et ce qu’il y avait de plus difficile,c’était de constituer un gouvernement; car depuis le départde la famille royale pour Compiègne et Valençay, depuis laretraite de Joseph sur l’Èbre, il n’y avait d’autre autorité quecelle des juntes insurrectionnelles formées dans chaque pro-vince, autorité extravagante, qui se divisait en douze ou quinze