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LIVRE XXXIII.
De'c. 1808.
L’armëefrançaiseparaît le 2 dé-cembreaux portesde madrid.
Napolëonfait sommerla Tille.
ment envoyé hors de Madrid, pour aller chercher l’armée deCastaîios, et l’amener sous Madrid.
Toute cette agitation n’était pas un moyen de résistancebien sérieux à opposer à Napoléon. Il arriva le 2 décembreau matin sous les murs de Madrid, à la tête de la cavaleriede la garde, des dragons de Lahoussaye et de Latour-Maubourg.Ce jour était l’anniversaire du couronnement, celui aussi delàbataille d’Austerlitz, et, pour Napoléon comme pour ses soldats,une sorte de superstition s’attachait à celte date mémorable.Le temps était d’une sérénité parfaite. Cette belle cavalerie,en apercevant son glorieux chef, poussa des acclamationsunanimes, qui allèrent se mêler aux cris de rage que pro-féraient les Espagnols en nous voyant. Le maréchal Bessières,duc d’Istrie, commandait la cavalerie impériale. L’Empereur,après avoir considéré un instant la capitale des Espagnes,ordonna à Bessières de dépêcher un officier de son état-majorpour la sommer d’ouvrir ses portes. Ce jeune officier eut laplus grande peine à pénétrer. Un boucher de l’Estrémadure,préposé à la garde de l’une des portes, prétendait qu’il nefallait pas moins que le duc d’Istrie lui-même pour remplirune telle mission. Le général Montbrun qui était présent, ayantvoulu repousser cette ridicule prétention, fut obligé de tirerson sabre pour se défendre. L’officier parlementaire, admisdans l’intérieur de la ville, se vit assailli par le peuple, etallait être massacré, lorsque la troupe de ligne, sentant sonhonneur intéressé à faire respecter les lois de la guerre, luisauva la vie en l’arrachant aux mains des assassins. La juntechargea un général espagnol de porter sa réponse négative.Mais les chefs de la populace exigèrent que trente hommesdu peuple escortassent ce général pour le surveiller, encoreplus que pour le protéger, car cette multitude furieuse aperce-vait des trahisons partout. L’envoyé espagnol, ainsi entouré,parut devant l’état-major impérial, et il fut aisé de deviner,par son attitude embarrassée, sous quelle tyrannie lui et les