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L1V11E XXXIII.
Déc. 1803.
Désarmementgêner* Ides habitants.
Napoléonn'entre pointde sapersonneà Madrid,et n’y laissepoint entrerson frèreJoseph.
Moyensd’intimida-tion emplovdsà l’egarddes
Espagnols.
Belliard. L’armée française s’empara des principaux quartiers,et vint s’établir dans les grands bâtiments de Madrid, particu-lièrement dans les couvents, aux frais desquels Napoléonexigea qu’elle fût nourrie. 11 ordonna qu’on procédât à undésarmement général et immédiat. Ensuite, sans daignerentrer lui-même dans Madrid, il alla se loger au milieu de sagarde à Chamartin, dans une petite maison de campagneappartenant à la famille du duc de l’Infantado. Il prescrività Joseph de passer le Guadarrama, et de venir résider, nonà Madrid, mais en dehors, à la maison royale du Pardo, situéeà deux ou trois lieues. Son intention était de faire tremblerMadrid sous une occupation militaire prolongée, avant de luirendre le régime civil avec la nouvelle royauté. Sa conduiteen cette circonstance fut aussi habile qu’énergique.
Il voulait, sans employer la cruauté, mais seulement l’inti-midation, placer la nation entre les bienfaits qu’il lui apportaitet la crainte de châtiments terribles contre ceux qui s’obsti-neraient dans la rébellion. 11 avait déjà ordonné la confiscationdes biens des ducs de l’Infantado, d’Ossuna, d’Altamira, deMedina-Celi, de Santa-Cruz, de Hijar, du prince de Castel-Franco, de M. Cevallos. Ces deux derniers étaient punis pouravoir accepté du service sous Joseph, et l’avoir ensuite aban-donné. Napoléon était résolu à user d’une sévérité toute par-ticulière envers ceux qui passeraient d’un camp dans un autre,et qui, à la résistance, en soi fort légitime, ajouteraient latrahison, qui ne l’était pas. Le prince de Castel-Franco, le ducde l’Infantado n’avaient été que faibles ; M. de Cevallos avaitagi comme un traître. Aussi l’ordre était-il donné de l’arrêterpartout où on le trouverait. Mais celui-ci s’étant enfui, Na-poléon fit saisir MM. de Castel-Franco et de Santa-Cruz, quin’avaient pas eu le temps de se dérober. Il fit saisir égalementet déférer à une commission militaire le duc de Saint-Simon,qui, étant Français d’origine, avait encouru la peine de ceuxqui servent contre leur patrie. Son projet n’était pas de sévir,