SOMO-SIERRA.
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Napoléon dans le commencement ne s’était pas occupé desAnglais, quoiqu’il sût bien qu’il en venait un certain nombrede Lisbonne et de la Corogne, parce qu’il voulait d’abordanéantir les armées espagnoles, parce qu’il voulait ensuitelaisser l’armée britannique s’enfoncer dans l’intérieur de laPéninsule, pour être plus assuré de l’envelopper et de laprendre. Cependant, quelque bien conçue que fût cette pen-sée, s’il avait pu connaître à quel point l’armée anglaise étaitdispersée et décontenancée, il aurait mieux fait encore defondre sur elle, et de détruire Moore à Salamanque, Hopedans les montagnes d’Avila. Mais on ne sait pas tout à laguerre, on ne sait que ce qu’on devine d’après certains in-dices, et Napoléon en avait trop peu ici pour conjecturer avecexactitude la situation des Anglais ; ce qui n’avait rien d’éton-nant, puisque Moore, au milieu d’un peuple ami, ignoraitcomplètement lui-même les mouvements de l’armée française.Napoléon toutefois, ayant appris, par les courses de sa cava-lerie sur Talavera, que les Anglais étaient entre Talavera,Avila, Salamanque, et que du Tage ils s’élevaient à la hauteurdu Duero, sentit que le moment était venu d’agir contre eux,et il disposa tout pour réunir les forces nécessaires à leurcomplète destruction.
Il ordonna au maréchal Lefebvre de se porter de Yalladolidsur Ségovie, et de descendre de Ségovie sur l’Escurial, cequi le plaçait presque à Madrid. Son intention était de lui faireprendre la position de l’Escurial, Tolède et Talavera, afin deramener à Madrid le corps du maréchal Victor. Le maréchalLefebvre venait enfin*de recevoir la division polonaise, restéejusque-là en arrière, et les Hollandais laissés quelque tempssur le rivage de la Biscaye. Avec les dragons Milhaud et lacavalerie de Lasalle, il allait former la droite de l’armée surTalavera. Il comptait alors environ 15 mille hommes.
Napoléon, en se préparant à aborder l’armée anglaise,dont il connaissait la solidité, voulait avoir sous la main l’un
Dde. 1808.
Napoléons’occupe enfindes Anglais,et amène«à Madridles forcesnécessairespour opérercontre eux.
Le maréchalLefebvreporte'
de Valludolidà Talavera.