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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXIII.

née, 1808 . marche habile dans les montagnes, et avait enfin, par Àvila,rejoint son général en chef vers Salamanque. Après cettejonction le général Moore comptait environ 19 mille hommes.Mais il lui restait une dernière jonction à opérer : c’était cellede David Baird, arrivé par la Gorogne à Àstorga, avec environ11,000 hommes. Plus que jamais le général anglais songeaità se retirer, car ce n’était par avec 80,000 hommes qu’il pou-vait tenir tête aux Français, les armées espagnoles étant par-tout anéanties. Le désir de se soustraire au danger, et derallier sir David Baird, lui avait inspiré la salutaire penséed’abandonner la ligne de retraite du Portugal pour adoptercelle de la Galice, ce qui lui procurait le double avantaged’augmenter sa force d’un tiers, et de se rapprocher d’un bonport d’embarquement. Il inclinait donc à marcher par Torosur Benavente, en ordonnant à David Baird d’y marcher parAstorga. (Voir la carte n° 43.) 11 se donnait de plus, en agis-sant ainsi, l’apparence de menacer les communications desFrançais, puisqu’il n’avait qu’un pas à faire pour être à Valla-dolid, même à Burgos, tandis qu’en réalité il était sur la routede la Corogne, c’est-à-dire de la mer, son refuge le plus sûr.Grâce à ce mouvement, il assurait sa retraite, il semblait enmême temps faire quelque chose pour la cause espagnole, etse ménageait une réponse aux instances de M. Frère, qui,devenu le séide du gouvernement insurrectionnel, reprochaitsans cesse à l’armée anglaise de ne point agir. Le malheureuxJohn Moore, qui était sage et brave, qui avait l’habitude de laguerre méthodique, auquel on avait promis un accueil enthou-siaste, des ressources de tout genre, des victoires faciles, etqui trouvait les Espagnols abattus, fuyant en tous sens, pou-vant à peine se nourrir eux-mêmes, était dans un état desurprise, de mécontentement, de dégoût, impossible à décrire,et ne voyait de sûreté qu’à battre en retraite par la route laplus courte. Du reste, il ne dissimulait à son gouvernementaucune de ces fâcheuses vérités.