404
LIVRE XXXIII.
Dec. 1808.
Le generalMoores’avancesur Sahaguni la rencontreitu maréchalSoult.
Napoléonest avertile 19 décem-bre , par desdéserteurs,■le la marchedes Anglais.
Promptitudeet sûretéde ses déter-minations.
y ramena en effet près de 10 mille hommes, les moins dé-pourvus, les moins désorganisés de cette armée de Blake,dont on s’était promis tant de merveilles. Le général espagnolenvoya môme une avant-garde de 5 à 6 mille hommes à Man-silla, sur la rivière de l’Esla.
Le général Moore réuni à son lieutenant sir David Baird,et comptant 29 mille hommes de bonnes troupes, avecenviron 10 mille Espagnols, utiles au moins comme trou-pes légères, commença à s’avancer à pas de loup versle maréchal Soult, désirant, craignant tout à la fois dole rencontrer, le désirant quand il songeait au petit nombredes soldats' du maréchal, le craignant quand il songeaità la masse des Français répandus en Espagne, et à la ra-pidité avec laquelle Napoléon savait les mouvoir. Le 21, ilse porta à Sahagun, où le général Paget enleva quelqueshommes à un détachement des dragons de Lorge. (Voir lacarte n° 43.)
C’est le 19 décembre que Napoléon apprit d’une manièrecertaine, par des déserteurs du général Dupont, que l’arméeanglaise, forte, disaient ces déserteurs, de 15 à 20 millehommes, as r ait quitté Salamanque pour se rendre à Valladolid.Des rapports de cavalerie l’informèrent en même temps de laprise de quelques Anglais en avant de Ségovie, lesquels ap-partenaient probablement au corps qui, sous le général Ilope,avait eu tant de détours à faire pour rejoindre le général Mooreà Salamanque. Napoléon savait de plus avec certitude qu’unautre corps était venu par la Corogne à Aslorga. Il supposaitdonc que l’armée anglaise pourrait s’élever à trente millehommes, et il eut d’abord un peu de peine à s’expliquer sesmouvements, car jusque-là il l’avait crue plutôt disposée às’enfuir en Portugal, qu’à courir sur les derrières des Fran-çais. Mais bientôt il devina la vérité en concluant de sa marcheau nord qu’elle voulait changer sa ligne de retraite, et la placersur la route de la Corogne. Son parti fut pris à l’instant avec