SOMO-SIERRA.
429
si une'telle question peut être élevée relativement au maréchal Janr.1809.Soult, on ne saurait en élever une pareille à l’égard du maré-chal Ney, placé à quelques journées de l’armée britannique.
La supposition qu’il aurait pu prendre la route d’Orense, ettourner la Corogne par Vigo, n’a pas le moindre fondement.
Ni l’Empereur, qui était sur les lieux, ni le maréchal Soult,auquel on avait laissé la faculté de requérir le maréchal Ney,s’il en avait besoin, n’imaginèrent alors qu’on pût faire un teldétour. Il aurait fallu que le maréchal Ney exécutât le doublede chemin par des routes impraticables, et tout à fait inacces-sibles à l’artillerie. Et, en effet, le maréchal Soult ayant ex-primé, vers la fin de la retraite, c’est-à-dire le 9 janvier, ledésir que la division Marchand se dirigeât sur Orense, pourobserver le marquis de La Romana et les trois mille Anglaisde Crawfurd, le maréchal Ney ordonna ce mouvement augénéral Marchand, qui ne put l’effectuer qu’avec une partiede son infanterie, et sans un seul canon. Le maréchal Neyserait certainement resté embourbé sur cette route s’il avaitvoulu la prendre avec son corps tout entier.
Ce qui se pouvait, ce qui n’eut pas lieu, c’était de fairemarcher les troupes du maréchal Ney immédiatement à lasuite du maréchal Soult, de manière qu’un jour suffit pourréunir les deux corps. Or, à Lugo où l’on eut trois jours, à laCorogne où l’on en eut quatre, il aurait été possible de com-battre les Anglais .avec cinq divisions. Le maréchal Ney, mispar les ordres du quartier-général à la disposition du maréchalSoult, offrit à celui-ci de le joindre, et ne reçut de sa partque l’invitation tardive de lui prêter l’une de ses divisions,lorsqu’il n’était plus temps de faire arriver celte division utile-ment 1 ; nouvel exemple de la divergence des volontés, dudécousu des efforts, lorsque Napoléon cessait d’être présent.
Le vrai malheur ici, la vraie faute, c’est qu’il ne fut pas de
1 Cette circonstance est prouve'e par la correspondance des maréchaux.