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LIVRE XXXIII.

Janv. 1809 . sa personne à la suite des Anglais, obligeant ses lieutenantsà s’unir pour les détruire. Mais il était retenu ailleurs par lafaute, l’irréparable faute de sa vie, celle d’avoir tenté tropd’entreprises à la fois ; car, tandis qu’il aurait fallu qu’il fûtà Lugo pour écraser les Anglais, il était appelé à Valladolidpour se préparer à faire face aux Autrichiens *.

Toujours plus sollicité par l’urgence des événements d’Au-Projet triche et de Turquie, qui lui révélaient une nouvelle auerre

de Napoléon n 1 . °

dejetourner générale, il se décida même à partir de Valladolid, pour se

1 Voici, en effet, ce qu’il écrivait à ce sujet au ministre de la guerre etau roi d’Espagne :

Au ministre de la guerre.

«Valladolid, le 13 janvier 1809.

» Vous verrez par le bulletin que le duc de Dalmatie est entré à Lugo le9. Le 10, il a dû être à Betanzos. Les Anglais paraissent vouloir s’embar-quer à la Corogne. Ils ont déjà perdu 3 mille hommes faits prisonniers, unevingtaine de pièces de canon , 5 à 600 voitures de bagages et de munitions,une partie de leur trésor et 3 mille chevaux, qu’ils ont eux-mêmes abattus,selon leur bizarre coutume. Tout me porte à espérer qu’ils seront atteintsavant leur embarquement et qu’on les battra. J'ai quelquefois regret de n’yavoir pas été moi-même, mais il y a d'ici plus de cent lieues ; ce qui, avecles retards que font éprouver aux courriers les brigands qui infestent tou-jours les derrières d’une armée, m'aurait mis à vingt jours de Paris ; celam'a effrayé, surtout à l'approche de la belle saison, qui fait craindre denouveaux mouvements sur le continent. Le duc d’Elchingen est en secondeligne derrière le duc de Dalmatie j la force des Anglais est de 18 mille hom-mes. On peut compter qu’en hommes fatigués, malades, prisonniers et pen-dus par les Espagnols, l’armée anglaise est diminuée d’un tiers ; et si à cetiers on ajoute les chevaux tués qui rendent inutiles les hommes de cavale-rie, je ne pense pas que les Anglais puissent présenter 15 mille hommes bienportants, et plus de 1,500 chevaux. Cela est bien loin des 30 mille hommesqu’avait cette armée. »

Au roi d’Espagne.

« Valladolid , 11 janvier 1809.

».Je suis obligé de me tenir à Valladolid pour recevoir mes esta-

fettes de Paris en cinq jours. Les événements de Constantinople, la situa-tion actuelle de l’Europe, la nouvelle formation de nos armées d’Italie, deTurquie et du Rhin, exigent que je ne m’éloigne pas davantage. Ce n’estqu'avec regret que j'ai été forcé de quitter Astorga.

» Il y a à Madrid un millier d'hommes de ma garde, envoyez-les-moi. »