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J. IV RE XXXIII.

J«nv, 1809.

Travauxpour franchirla Huerhaaux deuxattaquesprincipales.

Souffrances

chez

les assiégéset les

assiégeants.

à droite, la tête de pont de la Ifuerba étant emportée au centre,nous nous trouvions maîtres de la ligne des ouvrages exté-rieurs sur une moitié de leur développement. C’était le plusimportant, car les opérations de la gauche n’avaient que lavaleur d’une démonstration. 11 s’agissait dès lors de franchirla Huerba sur les deux points par lesquels on y touchait, dejeter des ponts couverts d’épaulements sur cette rivière étroitemais profondément encaissée, de battre en brèche ies portionsd’enceinte qui s’étendaient au delà, et qui s’appuyaient aucouvent de Santa-Engracia d’un côté, à celui des Augustinsde l’autre. H fallait enfin élever de nouvelles batteries poul-ies opposer à celles de la ville, qui devenaient en approchantplus nombreuses et plus meurtrières. C’est à quoi on employal’intervalle du 16 au 21 janvier.

Pendant ce temps les souffrances s’aggravaient au dedausparmi les assiégés, au dehors parmi les assiégeants. La massed’habitants réfugiés dans la ville, les blessés, les malades ac-cumulés, y avaient fait naître une épidémie. Tous les joursune grêle de projectiles augmentait le nombre des victimesdu siège, même parmi ceux qui ne prenaient point part à ladéfense. Mais une populace furieuse, fanatisée par les moines,comprimait les habitants paisibles, aux yeux desquels cetterésistance sans espoir n’était qu’une barbarie inutile. Lespotences dressées dans les principales rues prévenaient toutmurmure. On inventait d’ailleurs toutes sorles de nouvellespour soutenir le courage des assiégés. On disait Napoléonbattu par les Anglais, le maréchal Soult par le marquis de Lahomana, le général Saint-Cyr par le général Yivès. On pro-mettait de plus l’arrivée d’une puissante armée de secours, età ces nouvelles, annoncées au son du tambour par des crieurspublics, éclataient des vociférations sauvages, qui venaientretentir jusque dans notre camp.

Ce que nous avons raconté des événements généraux decette guerre suffit pour qu’on puisse apprécier la véracité de