Band 
[Vol. 5.]
Seite
458
JPEG-Download
 

458

LIVRE XXXIII.

Jatir. 1809. incommodant de son feu la division Morlot, quelques carabi-niers du o c léger se jettent au pas de course sur cette batteriepour s’en débarrasser. Le régiment les suit et prend la batterie.A ce spectacle, le 11 3 e de ligne, l’un des régiments de nou-velle formation, ne peut tenir dans les tranchées. Il s’élancesur le long mur d’enceinte qui s’étend de Santa-Engracia aucouvent des Capucins, descend dans le fossé, escalade l’es-carpe par les embrasures, s’empare de l’enceinte, de toutel’artillerie, et ose s’engager dans l’intérieur de la ville. Alors unepopulace furieuse, du haut des maisons environnantes, fusillenos soldats presque à coup sûr. Les Espagnols, plus hardissur ce point que sur les autres, s’avancent même hors de leursretranchements pour reprendre le couvent des Capucins. Desmoines les dirigent, des femmes les excisent. Mais on les re-pousse à la baïonnette, et ou reste maître du couvent, en yessuyant toutefois un horrible feu d’artillerie qui perce lesmurailles en plusieurs endroits. On tâche de se couvrir avecdes sacs à terre. Mais, ne pouvant tenir à découvert le longde la muraille, on est obligé de la repasser sans l’abandonnernéanmoins et en essayant de s’y loger.

Dans cette sanglante journée, on s’était donc emparé de«n'rassHiit toul ' I e pourtour de l’enceinte. Si c’eût été un siège ordinaire,du ITjauvïer. consistant à enlever la partie fortifiée de la place, Saragosseeût été à nous. Mais il fallait emporter chaque lie de maisons,l’une après l’autre, contre une populace frénétique , et lesgrandes horreurs de la lutte ne faisaient que commencer. LesEspagnols avaient perdu cinq à six cents hommes passés aufil de l’épée, et deux cents prisonniers, avec toute la ligne deleurs murailles extérieures. Les Français avaient eu 186 tuéset 593 blessés 1 , c’est-à-dire près de 800 hommes hors decombat, perte considérable, due à l’ardeur excessive de nostroupes et à leur héroïque témérité.

1 Non» donnons ici des nombres précis, parce qu’ils sont fournis cettefois avec détail dans les rapports existant au dépôt de la guerre,