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LIVRE XXXIII.
Janv. 1809.
Commence-
ment
de la guerrede maisonà maisondans
l'intérieurde la ville.
une enceinte dans laquelle ne consistait plus la force de leurdéfense. On laissa la division Morlot en observation sur lagauche, et avec les divisions Musnier et Grandjean, fortes àelles deux de 9 mille hommes, on se mit à procéder par lasape et la mine à la conquête de chaque maison, tandis quedevant le faubourg de la rive gauche le général Gazan pous-serait ses travaux de manière à enlever ce dernier asile à lapopulation. On lui envoya même une partie de l’artillerie desiège qui ne trouvait plus d’emploi à la rive droite, depuisqu’on avait ouvert l’enceinte en y faisant brèche, et qu’ondevait surtout se battre de rue à rue
Les deux divisions Musnier et Grandjean se partageaienten deux portions de 4,500 hommes chacune, et se relevaientdans cette affreuse lutte, où il fallait alternativement travaillerà la sape, ou combattre corps à corps dans d’étroits espaces.Jamais, même à l’époque où la guerre se passait presquetoute en sièges, on n’avait rien vu de pareil. Les Espagnolsavaient barricadé les portes et les fenêtres de leurs maisons,pratiqué des coupures au dedans, de façon à communiquerintérieurement, puis crénelé les murailles afin de pouvoir fairefeu dans les rues, lesquelles en outre étaient traversées dedistance en distance par des barricades armées d’artillerie.Aussi, dès que nos soldats y voulaient paraître, ils étaient àl’instant assaillis par une grêle de balles partant des étagessupérieurs et des soupiraux des caves, ainsi que par la mitraillepartant des barricades. Quelquefois, pour forcer les Espagnolsà dépenser leurs feux, ils s’amusaient à présenter d’une fenêtreun shako au bout d’une baïonnette, et il était à l’instant percéde balles ’. 11 n’y avait donc d’autre ressource que de cheminercomme eux de maisons en maisons, de s’avancer à couvertcontre un ennemi à couvert lui-même, et de procéder lente-
1 C’est un fait que j’ai recueilli de la bouche même de l’illustre et à jamaisregrettable maréchal Bugeaud. Il était capitaine de grenadiers au siège deSaragosse, et il m’en racontait encore les détails quelques jours avant sa mort.