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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1809. à relever ses torts, à commenter ses fautes, et, à travers la sa-tisfaction de fronder, commençait à éprouver pour l’avenir descraintes sérieuses, qu’il traduisait en un langage triste et sou-vent amer. Les fonds publics, malgré les achats obstinés duTré-sor, baissaient au dessous du taux de 80 francs, déclaré normalpar l’Empereur pour la rente cinq pour cent, et seraient tombésbien au-dessous, sans les efforts qu’on faisait pour les soutenir.

Commence- Autour du gouvernement on ne montrait pas moins d’in-

a oppoéaion quiétude et d’indiscipline d’esprit. Le Corps Législatif était de-

dans le Corps , , , , .. . , . , . ,

Legislatif, meuré assemble pendant tout le temps qu’avait duré la courtecampagne de Napoléon au delà des Pyrénées. On l’avait oc-cupé, comme c’était l’usage à cette époque, non de politique,mais d’affaires financières, et surtout de matières législatives.Il avait eu à discuter le Code d’instruction criminelle, œuvredifficile, et qui pouvait réveiller plus d’un ancien dissentiment.Les opposants, bien peu nombreux alors, qui n’arrivaientjamais à donner plus de 10 ou 15 suffrages négatifs aux pro-jets qu’on leur soumettait, avaient cette fois tenu tête au gou-vernement, et réuni jusqu’à 80 et 100 suffrages négatifs, sur250 à 280 votants, dans la délibération des divers titres dece Code. L’archichancelier Cambacérès, qui, avec sa perspi-cacité ordinaire, avait discerné cette renaissance de l’espritde contradiction, et qui avait craint de l’exciter en livrant àla discussion un Code qui mettait si fort en présence lesanciens penchants des uns pour la liberté, des autres pourl’autorité, l’archichancelier Cambacérès avait prévenu l’Empe-reur de ce danger, et avait cherché à le dissuader de terminercette année le Code d’instruction criminelle. 11 aurait préféréchoisir un moment où l’on aurait été plus enclin à l’appro-bation, et où l’Empereur aurait été présent, car, lui absent,tout le monde était plus hardi. Mais Napoléon, ne connaissantpas d’obstacle, avait voulu que le Code d’instruction crimi-nelle fût mis en délibération cette année même, et de vivesdiscussions, suivies de votes plus partagés que de coutume,