RATISBONNE.
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avaient étonné les esprits réfléchis, et contribué à indisposer unmaître attentif, quoique absent, à tout ce qui se passait enFrance.
Encouragés par cette absence, certains personnages avaientaussi donné un libre cours à leur langue et à leur penchantpour l’intrigue. Deux surtout avaient poussé jusqu’à l’impru-dence l’oubli d’une soumission à laquelle ils semblaient habi-tués depuis bientôt dix années, c’étaient MM. Fouché et deTalleyrand. Nous avons fait connaître ailleurs le caractère, etle rôle pendant les premières années du Consulat, de cesdeux personnages si divers, si hostiles l’un à l’autre, et lesplus importants de l’époque après l’archichancelier Camba-cérès. L’archichancelier Cambacérès, quoique moins consultéque jadis, s’efforcait toujours en secret, et sans ostentation,de faire prévaloir dans l’esprit de Napoléon des pensées demodération et de prudence, à quoi il réussissait beaucoupplus rarement qu’autrefois. Du reste, les événements com-mençaient à le fatiguer et à l’attrister, et il tendait chaquejour à s’effacer davantage, ce qui est facile en tout temps, carles acteurs pressés sur la scène du monde ne sont jamaisfâchés qu’on leur laisse la place vide. Napoléon seul s’enapercevait avec regret, appréciant sa rare sagesse, quoiqu’ilen fût souvent importuné. On songeait donc beaucoup moinsau prince archichancelier. MM. Fouché et de Talleyrand, aucontraire, aimaient fort qu’on s’occupât d’eux, et attiraientvolontiers sur eux-mémes tout ce qui restait d’attention à unpublic dont Napoléon occupait presque seul la pensée. M.Fouché, excellent ministre de la police dans les premierstemps du Consulat, par son indifférence indulgente envers lespartis, qui le portait à ménager tout le monde, avait cependantdeux inconvénients graves pour un ministre de la police,c’était le soin de se faire valoir aux dépens du gouvernement,et le besoin de se mêler de toutes choses. Ménageait-il celui-ci ou celui-là, prévenait-il un acte de rigueur, il s’en attribuaitle mérite auprès des intéressés, leur donnant à entendre que
Janv. 1809.
Conduitede MM. deTalleyrand etFouché.