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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1809.

Premièresréquisitionsadresse'es auxrois de Saxeet

de Bavière.

Préparatifsmilitairesde Napoléon.

prématurées en exigeant la réunion immédiate de leurs trou-pes , mais qu’il les invitait à la préparer, vu qu’il s’attendaità des hostilités prochaines; qu’il fallait, soit pour prévenir laguerre, s’il en était temps encore, soit pour la rendre heu-reuse, si elle était inévitable, se mettre en mesure d’opposerla force à la force; qu’il allait, quant à lui, réunir 150 milleFrançais et Italiens sur le Pô, 150 mille Français sur le Haut-Danube, qu’il comptait sur 100 mille Allemands, qu’avec ces400 mille hommes il préviendrait la guerre, ou la rendraitdécisive, et garantirait à jamais ses alliés des répétitions quel’Autriche prétendait exercer sur les puissances allemandes,autrefois dépendantes ou sujettes de son empire. Il écriviten particulier au roi de Bavière et au roi de Saxe, pour leurdemander formellement la réunion d’une première partie deleurs forces autour de Munich, de Dresde, de Varsovie. Sedéfiant de la Prusse, qui pouvait être tentée d’imiter l’Autricheet de chercher la réparation de ses malheurs dans un acte dedésespoir, il lui notifia que, si elle levait un seul homme audelà des 42 mille que ses conventions secrètes l’autorisaientà réunir, il lui déclarerait sur-le-champ la guerre. Il chargeala Russie de faire savoir à Kœnigsberg que le moindre acted’hostilité serait l’occasion d’une nouvelle lutte qui deviendraitmortelle pour les uns ou pour les autres, si on faisait mine dese joindre à l’Autriche.

A ces manifestations, qui devaient être d’autant plus signi-ficatives qu’elles reposaient sur des précautions non moinsréelles qu’apparentes, Napoléon ajouta des mouvements deses propres troupes, qui n’étaient que la suite de combi-naisons déjà conçues et ordonnées à Valladolid même. Cescombinaisons furent aussi vastes que le commandaient la si-tuation et la masse d’ennemis, tant connus qu’inconnus, aux-quels il devait bientôt avoir affaire.

Pendant qu’il se trouvait en Espagne, Napoléon, prévoyantque l’Autriche, bien qu’elle eût été intimidée par la présence