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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

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Janv. la», il aurait fallu à Napoléon, pour ne pas constituer en déficitle budget de 1809 qui avait bien assez à faire de payer lesannées d’Espagne et d’Italie, 77 millions pour l’année, dont22 à prélever sur les vastes magasins qui nous étaient restés,55 sur les valeurs en argent. Napoléon se contenta de prendrede quoi entretenir trois mois l’armée du Rhin, ce qui exigeaitenviron 20 millions. Il se borna donc à tirer immédiatement1 du trésor de l’armée ces 20 millions, qui, avec les sommes

avancées aux divers corps sur le budget ordinaire, devaientles mettre tous à leur aise. Napoléon pensait que dans lespremiers mois de 1809 ses troupes seraient sur le territoireennemi, où elles vivraient grassement et gratuitement, quela victoire rouvrirait la source des contributions de guerre,et dédommagerait amplement le trésor de l’armée des sacri-fices qu’il était obligé de lui imposer. Sur les 12 millions derentes (en capital, bien entendu) récemment achetés, il distribuasur-le-champ 7 millions à ses généraux, voulant leur procurerquelques satisfactions avant de les mener de nouveau à la mort.

Ainsi, comme nous venons de le dire, le budget de 1808allait trouver dans une aliénation de biens nationaux le dé-dommagement de la réduction des recettes; le budget de 1809allait, comme les budgets précédents, se décharger sur letrésor de l’armée de la dépense des troupes d’Allemagne ; etquant aux facilités courantes, en attendant que les valeurscréées fussent réalisées, la caisse de service, qui jouissait duplus grand crédit, la caisse de l’armée, dans laquelle coulaitincessamment le produit des contributions de guerre, allaient ypourvoir immédiatement. Mais si la gêne ne se faisait pas en-core sentir, le terme des ressources se laissait déjà entrevoir,et il était temps de s’arrêter, si on ne voulait ruiner les finan-ces aussi bien que l’armée. Napoléon en jugeait ainsi lui-même, car, tandis qu’il suspendait l’emprunt consenti enversl’Espagne, et donnait à son frère pour unique ressource le: produit des laines prises en Castille, et quelques centaines

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