RATISBONNE.
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de mille francs d’argenterie convertie en monnaie, il inter- Janv. isœ.rompait les achats de rentes, qui avaient été effectués, depuisaoût jusqu’à décembre 1808, dans l’intention de soutenir lescours. On en avait acheté 46 millions, dont 10 pour le comptede la Banque, 11 pour celui de la caisse de service, 25 pourcelui de la caisse d’amortissement (celle-ci agissant tant pourelle que pour l’armée). Indépendamment de ces sommes, laBanque en avait déjà acquis 16 pour elle-même, ce qui portaità 62 millions les achats de cette année, somme énorme, sion la compare à la masse de rentes inscrites au grand livre,qui était de 56 millions en 1809, au capital de 900 millionsIl avait fallu cet effort pour soutenir contre l’influence desévénements d’Espagne la rente au taux de 80, que Napoléonappelait le taux normal sous son règne, aveu pénible à faire,car après Tilsit et avant Bayonne ce taux était à 94. En jan-vier 1809, les événements d’Autriche portant un nouveaucoup au crédit, et la tendance à la baissse se produisant en-core avec force, Napoléon ne voulut pas amoindrir ses res-sources disponibles pour arrêter un discrédit qui n’était plusimputable à la guerre d’Espagne, mais à celle d’Autriche. Lemauvais effet, suivant lui, devait retomber sur des puissan-ces parjures, qui vaincues, lui promettaient la paix, et à peineremises de leur défaite recommençaient la guerre. Il se trom-pait, car tout le monde rattachait la guerre d’Autriche à laguerre d’Espagne, et il devenait responsable du discréditactuel qu’il ne voulait plus combattre, comme de l’ancien qu’ilavait su arrêter à force d’argent. Sa meilleure justification ausurplus devait se trouver dans la victoire, et il ne négligeaitrien en effet pour la rendre certaine, car, ainsi qu’on vientde le voir, les conscrits affluaient dans les dépôts, les nou-veaux cadres s’organisaient, les principales armées s’avan-caient elles-mêmes vers le Haut-Palatinat, la Bavière et leFrioul, pour obliger l’Autriche à réfléchir, ou pour l’accabler,pi des menaces elle passait à l’açtion.