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LIVRE XXXIV.
Janv. 1809.
Agitationsd'esprità Vienne,et motifs quiportentl’Autriche àla guerre.
Malheureusement cette puissance était bien engagée pourreculer. Jamais elle n’avait pu se consoler d’avoir perdu enquinze ans (de 1792 à 1806) les Pays-Bas, les possessionsimpériales de Souabe, le Milanais, les États vénitiens, leTyrol, la Dalmatie, et enfin la couronne impériale elle-même!Peut-être si le monde avait pris une assiette fixe, comme en1713 après le traité d’Utrecht, comme en 1815 après le traitéde Vienne, peut-être se serait-elle soumise à la nécessitédevant l’immobilité générale. Mais Napoléon exposant tousles jours le sort de l’Europe et le sien à de nouveaux hasards,elle ne pouvait s’empêcher de tressaillir à chaque chance quis’offrait, et quoique ce fût une cour oligarchique, peu encommunication avec ses peuples, elle n’éprouvait pas uneémotion que la nation autrichienne ne l’éprouvât avec elle,car jamais les nations, quelle que soit la forme de leurs insti-tutions , ne demeurent indifférentes au sort de leur gouverne-ment. Il n’est pas nécessaire qu’elles possèdent des institu-tions libres pour avoir de l’orgueil et de l’ambition. Aussi,lorsque passant sur le corps de la Prusse pour s’élancer enPologne, Napoléon avait laissé une moitié du continent der-rière lui, l’Autriche avait songé à profiter de l’occasion pourl’assaillir à revers. Mais cette résolution était si grave, il res-tait tant à faire avant d’avoir reconstitué les armées autrichien-nes, Napoléon avait été si prompt, que l’occasion à peine en-trevue s’était aussitôt évanouie, et on en avait ressenti àVienne un dépit, presque un désespoir qui avait éclaté dansles actes comme dans le langage. Cette première occasion,montrée par la fortune, perdue par les hésitations de la pru-dence, avait amené un déchaînement universel contre les hom-mes sages qui faisaient manquer, disait-on, toutes les occa-sions d’agir. Il avait fallu alors que Napoléon rendît Braunauà l’Autriche pour qu’elle se calmât un instant. Elle s’était eneffet calmée durant quelques mois, de la fin de 1807 au com-mencement de 1808, en voyant Napoléon porter ailleurs son