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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1809.

Encourage-

ments

que l’Autrichetrouvedans l’étatde

l'Allemagne,

Attila. Mais si l’Autriche levait son étendard, et si elle avaitun premier succès, nul doute que l’insurrection ne pût bien-tôt devenir générale en Allemagne, et que nos alliés eux-mêmes ne fissent une éclatante défection.

Ces faits, transmis et exagérés naturellement à Vienne, yavaient porté l’exaltation au comble. On se disait que letemps était enfin venu d’agir, et de ne plus laisser passer lesoccasions comme on l’avait fait en 1807; que la circonstancede l’insurrection espagnole négligée, on ne la retrouveraitplus; que le moment était d’autant plus favorable que Napo-léon n’avait pas 80 mille hommes de troupes en Allemagne(ce qui était fort inexact), dispersés depuis la Baltique jusquesur le haut Danube; que l’Italie elle-même s’était dégarniepour la Catalogne; que la conscription se levait avec la plusgrande difficulté ; que le tyran de l’Europe l’était aussi de laFrance, car il était obligé pour contenir ses concitoyens, de-venus d’abord ses sujets, puis ses esclaves, de frapper jus-qu’à ses meilleurs serviteurs (allusion à MM. de Talleyrand etFouché qu’on disait disgraciés). On ajoutait que Napoléon nepourrait pas remplacer les vieilles troupes envoyées au delàdes Pyrénées, qu’on le saisirait au dépourvu, qu’au premiersignal les États allemands ses alliés se détacheraient de lui,que les États allemands ses ennemis se soulèveraient avecenthousiasme, que la Prusse s’ébranlerait jusqu’au dernierhomme; que l’empereur Alexandre lui-même, engagé dansune politique condamnée par la nation russe, abandonneraitau premier revers une alliance qu’il avait adoptée parcequ’elle était puissante, non parce qu’elle lui était agréable ;qu’en un mot il fallait seulement donner le signal, que cesignal donné le monde entier le suivrait, et qu’on serait ainsiles auteurs du salut universel.

A ces raisons fort plausibles on ajoutait pour s’exciter desraisons beaucoup moins sérieuses. On prétendait que cen’était pas seulement pour se relever, mais pour se sauver