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LIVRE XXXIV.
Janv. 1800.
La seuleinsinuationde céderles provincesdu Danubesoulève tousles Turcs.
ami Sélim. A. cela le sultan Mustapha avait répondu que cechangement ne devait en rien refroidir la France, car la Porterestait sa meilleure amie. Napoléon avait alors répliqué que,puisqu’il en était ainsi, il s’occuperait de ménager une bonnepaix entre les Russes et les Turcs, mais il n’avait pas oséparler des conditions. Pourtant les Russes, insistant soitavant, soit après Erfurt, pour qu’on terminât avec les Turcs,et qu’on leur demandât les provinces du Danube; les Turcs,de leur côté, se plaignant auprès de la France de ce qu’ellene leur procurait point la paix promise, Napoléon, toujourscourant de Bayonne à Paris, de Paris à Erfurt, d’Erfurt àMadrid, avait, pour occuper un peu les uns et les autres, finipar insinuer aux Turcs, avec les démonstrations du regretle plus vif, qu’ils n’étaient plus capables de défendre la Va-lachie et la Moldavie, qu’ils feraient bien d’y renoncer, des’assurer à ce prix une paix solide, et de concentrer toutesleurs ressources dans les provinces qui tenaient fortement àl’empire; que si à ce prix ils voulaient terminer une guerrequi menaçait de leur devenir funeste, il promettait de leurprocurer un arrangement immédiat, et de garantir au nom dela France l’intégrité de l’empire ottoman. Rien ne peut donnerune idée de la révolution qui se fit dans les esprits à cetteouverture de la diplomatie française. Bien qu’on y eût mis degrands ménagements, et qu’on n’eût dit que ce qu’on ne pou-vait pas s’empêcher de dire après les engagements contractésavec la Russie, le courroux du sultan Mahmoud, du divandes ulémas, des janissaires , fut au comble, et cette simple,insinuation avait agité si fort le ministère turc, que l’émotionse communiqua comme l’éclair à la nation tout entière. Sur-le-champ on parla d’armer 300 mille hommes, de lever mêmele peuple ottoman en masse, et de sacrifier jusqu’au dernierdisciple du prophète plutôt que de céder. On ne voulut pointvoir dans la France une amie, qui, à son cœur défendant, fai-sait connaître à des alliés qu’elle aimait une nécessité doulou-.