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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1809.

La paixétant «ignéeentre la Porteet

l'Angleterrepar les soinsde l’Autriche ,la Turquiese trouve àla dispositionde la nouvellecoalition.

Efforts

moins heureuxde

la diplomatieautrichienneà Saint-Pé-tersbourg.

Langagede l’Autricheauprès

de l’empereurAlexandre.

point que ceux-ci ne pouvaient se montrer dans les rues deConstantinople sans y être insultés, et que les Anglais y étaientappelés par les vœux de la population entière. L’Autriche,attentive à tous ces mouvements d’un peuple ardent et fa-natique , avertit les Anglais du succès de ses menées, et fitvenir M. Adair aux Dardanelles. Il y mouilla sur une frégateanglaise, et n’eut pas long-temps à attendre la permission deparaître à Constantinople. L’invitation de s’y rendre lui ayantété adressée sur les instances de la diplomatie autrichienne,il y vint, et, après quelques pourparlers, la paix conclue avecl’Angleterre fut signée dans les premiers jours de janvier 1809.Dès cet instant la Porte fut à la disposition de la nouvellecoalition, prête à faire tout ce que lui inspireraient pour leurcause commune l’Autriche et l’Angleterre.

Les menées de l’Autriche n’étaient pas moins actives àSaint-Pétersbourg qu’à Constantinople, mais elles ne pou-vaient pas y avoir le même succès. La cour de Vienne avaitchoisi pour la représenter en cette cironslance le prince deSchwarzenberg, brave militaire, peu exercé aux finesses dela diplomatie, mais capable d’imposer par sa loyauté, et dedonner le change sur les véritables intentions de sa cour, quilui étaient à peine connues. Il avait mission d’affirmer que lesintentions de l’Autriche étaient droites et désintéressées,qu’elle ne voulait rien entreprendre, que son unique préoccu-pation au contraire était de se défendre contre des entreprisessemblables à celles de Bayonne ; que si l’empereur Alexandrevoulait revenir à une meilleure appréciation des intérêts eu-ropéens et russes, il trouverait en elle une amie sûre, nulle-ment jalouse, et ne prétendant lui disputer aucun agrandisse-ment compatible avec l’équilibre du monde. M. de Schwarzen-berg était chargé surtout de faire valoir le grand argument du mo-ment, la perfidie commise envers l’Espagne, laquelle ne per-mettait plus à personne de rester allié du cabinet françaissans un vrai déshonneur. A cet égard, M. de Schwarzenberg,