66
LIVRE XXXIV.
Mars 1809.
Compositionet directionde
ia principalemasse
des forces au-trichiennes.
guerre est possible en Autriche, car c’est à peine s’il devait yavoir alors de l’herbe sur le sol. On se fixa donc à Viennesur le plan de campagne à adopter. D’abord il fut établi qu’onne ferait agir vers l’Italie et vers la Gallicie que les moindresforces de l’Empire. On résolut d’envoyer sous l’archiduc Jeanune cinquantaine de mille hommes, pour seconder l’insur-rection du Tyrol, et occuper par leur présence les forces desFrançais en Italie. On y ajouta huit à dix mille hommes pourbatailler avec le général Marmont en Dalmalie. On destinal’archiduc Ferdinand avec 40 mille hommes à contenir l’arméesaxo-polonaise, réunie sousVarsovie, et à observer les Russesqui s’avançaient en Gallicie.
La principale masse, celle qui contenait les troupes lesmeilleures, les plus nombreuses, devait agir en Allemagne,par le haut Danube, et tenter l’entreprise hardie de surpren-dre les Français avant leur concentration. C’était l’archiducCharles qui devait la commander comme généralissime, etqui l’avait organisée comme ministre de la guerre. Il n’yavait par conséquent rien négligé. Elle était d’environ 200mille hommes, forte surtout en infanterie, que l’archiducs’était appliqué à rendre excellente, forte aussi en artillerie,qui avait toujours été très-bonne en Autriche, mais moins bienpourvue en cavalerie, que l’archiduc Charles n’avait pointaugmentée, et qui au surplus sans être nombreuse était aussibrave que bien exercée. Elle était divisée en six corps d’ar-mée et en deux corps de réserve, répartis en Bohême etHaute-Autriche. C’était un total de 300 mille hommes detroupes actives, en y comprenant les troupes destinées àopérer en Italie et en Gallicie. Derrière cette masse princi-pale, la réserve ainsi que l’insurrection hongroise devaientcouvrir Vienne, et Vienne perdue, s’enfoncer en Hongrie,pour y recueillir les restes de l’armée active, et y prolongerla guerre. Cette seconde portion, forte de plus de 200 millehommes de milices peu agguerries, mais déjà passablement