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LIVRE XXXIV.
Avril Ï809.
Marche desAutrichiens etdes Françaissur Laudshut.
Entrée desFrançais dansLandshutà la suite d’uneattaquede vive force.
Dans la nuit du 20 au 21, les Autrichiens affluèrent surLandshut par cette double communication. Les Français, deleur côté, presque aussi matineux que les Autrichiens, s’yprécipitèrent comme deux torrents.
Napoléon n’ayant pas quitté ses vêtements, et ayant à peinedormi quelques heures sur un siège, était à cheval dès lapointe du jour du 21, afin de diriger lui-même la poursuitesur la route de Landshut. Quoiqu’il ignorât toujours la pré-sence de l’archiduc Charles vers Eckmühl, il avait fait de nou-velles réflexions sur ce sujet, et par suite de ces réflexions ilavait détaché la division Demont, les cuirassiers Nansouty,les divisions bavaroises du général Deroy et du prince royalsur sa gauche, vers la grosse Laber, ne voulant pas, dansune situation aussi incertaine, laisser le maréchal Davout ré-duit à 24 mille hommes. Avec les 25 mille de Lannés, ilcontinua de poursuivre les corps de Miller et de l’archiducLouis sur la route de Rottenbourg à Landshut, tandis que legénéral bavarois de Wrède les poussait par la route de Pfef-fenhausen. Il comptait sur l’arrivée de Masséna à Landshutavec au moins 30 mille hommes.
Marchant avec l’infanterie de Morand, les cuirrassiers Saint-Sulpice et la cavalerie légère, il déboucha de fort bonne heuresur Landshut. A chaque pas on ramassait des fuyards, desblessés, du canon, de gros bagages. En arrivant à Alldorfau débouché des bois, d’où l’on dominait la plaine verdoyantede l’Isar et la ville de Landshut, on aperçut une confusionindicible. La cavalerie des Autrichiens se pressait vers lesponts avec leur infanterie, l’une et l’autre affluant par les deuxchaussées que suivaient les corps de Hiller et de l’archiducLouis. L’encombrement était encore augmenté par le matérielde l’armée et notamment par un superbe train de pontonsamené sur des chariots pour passer le Danube et le Rhin mêmesi le ciel avait favorisé cette levée de boucliers contre la^France.Bessières, comme Lannes, comme l’Empereur lui-même, âr-