Band 
[Vol. 6.]
Seite
119
JPEG-Download
 

RATISBONNE.

119

rivé à l’improviste, et ayant à peine un ou deux aides de Avril ta»,camp à sa disposition, conduisait les cuirassiers Saint-Sulpice,les chasseurs de Jacquinot, et le 13 e léger de la division Mo-rand. En apercevant le spectacle qui s’offrait à lui, il fitcharger par ses chasseurs la cavalerie autrichienne. Celle-ci,malgré le désordre, l’encombrement, le terrain qui était ma-récageux et glissant, se défendit avec valeur. Mais les cuiras-siers français, la chargeant en masse, l’obligèrent à se replier.

Alors les généraux autrichiens se hâtèrent de lui faire passerles ponts, en avant desquels ils nous opposèrent leur infan-terie, pour donner aux bagages le temps de défiler. Ils placè-rent les grenadiers d’Aspre dans Landshut même, et surtoutdans des quartiers élevés de la ville. Mais la division Morandarriva bientôt tout entière. Le 13 e léger et le 1 7 e de ligne abor-dèrent l’infanterie autrichienne, tandis que la cavalerie fran-çaise la chargeait de nouveau. Elle ne put résister à ces atta-ques réitérées, et fut obligée de se replier en toute hâte surles ponts de Landshut pour les repasser à temps. Elle les re-passa en effet, laissant dans les prairies beaucoup de prison-niers, une quantité considérable de voitures d’artillerie, et letrain de pontons dont il vient d’être parlé. Le 13 e et un batail-lon du 1 7 e se jetèrent dans le faubourg de Seligenthal, qu’ilsenlevèrent sous la plus vive fusillade. Il restait à franchir legrand pont construit sur le principal bras de l’isar. Les Autri-chiens y avaient mis le feu. Le général Mouton, aide de campde l'Empereur, à la tête des grenadiers du 17 e , qu’il animaitdu geste et de la voix, les conduisit l’épée à la main sur lepont en flammes, le traversa sous une grêle de balles, et gra-vit avec eux les rues escarpées de Landshut situés sur l’autrerive de l’isar. En ce moment arrivait Masséna avec les divisionsMolitor et Boudet, avec l’une des deux divisions d’Oudinot, etla cavalerie légère du général Marulaz, trop tard pour empêcherla retraite des Autrichiens mais assez tôt pour da précipiter.

A la vue de cette réunion accablante de forces les Autrichiens