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LIVRE XXXIV.
Avril 1809.
Les Françaispoursuiventles Autrichienssous les mursde Ratisbonue.
Attaquede Ratisbonne.
Les Français de leur côté se mirent en mouvement de fortbonne heure, tenus en éveil par la victoire presque autantque les Autrichiens par la défaite. Dès qu’on put discernerles objets, la cavalerie légère, par ordre de Napoléon, s’a-vança en reconnaissance sur la cavalerie autrichienne, poursavoir si c’était une bataille qu’on aurait à livrer, ou desfuyards qu’on aurait à poursuivre. La cavalerie autrichienne,qui, dans ces circonstances, n’avait cessé de se conduireavec le plus grand dévouement, se précipita sur la nôtre,et il s’engagea entre les deux une nouvelle mêlée où toutesles armes tombèrent dans une affreuse confusion. Les ca-valiers autrichiens perdirent par ce noble dévouement prèsd’un millier d’hommes; mais se retirant toujours sur la ville,à travers laquelle ils défilaient au galop, ils attirèrent notreattention de ce côté, et réussirent ainsi à nous dérober lavue du pont de bateaux par lequel passaient les grenadiers.Un détachement de cavalerie légère s’en aperçut enfin, si-gnala le fait à l’artillerie de Lannes, qui, accourue au galop,se mit à foudroyer les Autrichiens. On y tua grand nombrede grenadiers, on en noya beaucoup d’autres, et on détruisitmême le pont, dont les bateaux désunis et enflammés furentbientôt emportés par le Danube. Mais le gros des troupesput se retirer, sauf une perte de quelques centaines d’hom-mes. Le maréchal Davout à gauche, avec les divisionsFriant et Saint-Hilaire, le maréchal Lannes à droite, avecles divisions Morand et Gudin, la cavalerie au centre, nedébouchèrent sur la ville qu’au moment où les derniers ba-taillons autrichiens la traversaient. Les portes en furent im-médiatement fermées sur nos voltigeurs.
Napoléon y voulait entrer dans la journée même, soit pourvenger l’échec du 65 e de ligne, soit pour avoir le pont duDanube, et s’assurer ainsi le moyen de suivre l’archiducCharles en Bohême. La ville était enveloppée d’une simplemuraille, avec des tours de distance en distance, et un large