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[Vol. 6.]
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K ATISBONNE.

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fossé. Elle ne pouvait pas donner lieu à un siège régulier; Avril i«o.mais défendue par beaucoup de monde, elle pouvait tenirquelques heures, même quelques jours, et singulièrementralentir notre poursuite. Napoléon ordonna que l’artilleriedes maréchaux Davout et Lannes, tirée des rangs, fût miseen ligne tout entière, pour abattre les murs de cette malheu-reuse cité. Sur-le-champ un grand nombre de pièces com-mencèrent à vomir les boulets et les obus, et le feu éclata enplusieurs quartiers.

Napoléon, impatient de venir à bout de cette résistance,s’était approché de Ratisbonne, au milieu d’un feu de tirail-leurs que soutenaient les Autrichiens du haut des murs, etles Français du bord du fossé. Tandis qu’avec une lunette Napoléon blessé

• 1 au pieu.

il observait les lieux, il reçut une balle au cou-de-pied, etdit avec le sang-froid d’une vieux soldat : Je suis touché! —

11 l’était effectivement, et d’un manière qui aurait pu êtredangereuse, car si la balle eût porté plus haut, il avait lepied fracassé, et l’amputation eût été inévitable. Les chirur-giens de la garde accourus auprès de lui enlevèrent sa botteet placèrent un léger appareil sur la blessure, qui était peugrave. A la nouvelle que l’Empereur était blessé, les soldatsdes corps les plus voisins rompirent spontanément leursrangs, pour lui adresser de plus près les bruyants témoi-gnages de leur affection. Il n’y en avait pas un qui ne crûtson existence attachée à la sienne. Napoléon donnant la mainaux plus rapprochés, leur affirma que ce n’était rien, remontaimmédiatement à cheval, et parcourut le front de l’arméepour la rassurer. Ce fut un délire de joie et d’enthousiasme.

On saluait en lui l’heureux vainqueur d’Eckmühl, que lamort venait d’effleurer à peine, pour apprendre à tous que ledanger lui était commun avec eux, et que s’il prodiguaitleur vie, il ne ménageait guère la sienne. 11 passa devantles corps qui s’étaient le mieux conduits, fit sortir des rangsles officiers et même les soldats signalés par leur bravoure,