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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Avril 1809.

Intelligences se-crètes préparéesen Italie poury seconder lesmouvements desarméesautrichiennes.

et neuvième corps, partant l’un de Villach, l’autre de Laybach,devaient déboucher sur Udine. Ces deux corps présentaient,en y comprenant l’artillerie, une masse d’environ 48 millehomme de troupes excellentes. Une vingtaine de mille hom-mes de Landwehr, bien habillés, animés d’un bon esprit,mais peu instruits, devaient rester à la frontière, la garder,la couvrir d’ouvrages de campagne, et former avec leurs ba-taillons les meilleurs une réserve à la disposition de l’arméeagissante. Un détachement de 7 à 8 mille hommes, auqueldevait se réunir l’insurrection de Croatie, était chargé d’ob-server la Dalmatie, d’où l’on craignait que le général Marmontne parvint à déboucher. Toutefois comme on espérait sur-prendre les Français en Frioul aussi bien qu’eu Bavière, etcomme on savait également que la complaisance de famille,non moins grande dans la cour de Napoléon que dans lescours les plus vieilles de l’Europe, avait valu au princeEugène le commandement de l’armée d’Italie, à l’exclusion deMasséna le chef naturel de cette armée, on se flattait d’êtrebientôt sur l’Adige, même sur le Pô, et de tenir le généralMarmont enfermé en Dalmatie. Une sommation était déjàpréparée pour ce dernier, et on croyait n’avoir d’autre diffi-culté avec lui que celle de débattre et de signer une capitu-lation.

Ce n’était pas seulement sur la force des armes que l’on sefiait pour s’avancer victorieusement en Italie, mais aussi surdes menées secrètes, pratiquées depuis les montagnes duTyrol jusqu’au détroit de Messine. Les Autrichiens étaient sou-tenus dans leur téméraire tentative par la persuasion quel’Europe entière, comme la France, était déjà lasse du pou-voir de Napoléon, opinion qu’ils avaient puisée dans les évé-nements d’Espagne, et ils avaient compté non-seulement surle Tyrol, dévoué de tout temps à l’Autriche, mais sur les an-ciens Etats vénitiens qui gémissaient encore de leur ruine ré-cente, sur le Piémont devenu malgré lui province française,