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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Avril 1800.

Mouvementsinsurrectionnelsen Allemagne.

général Chasteler, ne pouvaient pas se défendre, formés sur-tout et commandés comme ils l’étaient. Ils furent donc forcésde capituler, au nombre d’environ trois mille, ce qui étaitdoublement fâcheux ; car outre l’échec moral pour nos armes,il y avait privation pour plusieurs corps d’un recrutementindispensable. Nous eûmes de plus à déplorer, à l’égard dequelques-uns de ces malheureux Français confondus avec lesBavarois, des traitements barbares, qui attirèrent de la partde Napoléon de terribles représailles sur le général Chasteler.

Celui-ci trouvant le Tyrol allemand délivré, crut devoirretourner avec André Ilofer vers le Tyrol italien, pour con-courir aux opérations de l’archiduc Jean. Revenu par leBrenner sur Trente, il se présenta avec toute la levée en massedu Tyrol et sept ou huit mille Autrichiens devant la positiondu général Baraguey-d’Ililliers. Le général français tournépar les vallées latérales ne put garder Trente, et se replia surRoveredo. Tourné de nouveau, il fut obligé de se replier surRivoli, où appuyé à l’armée d’Italie, qui était occupée à seréorganiser, il n’avait plus d’entreprises sérieuses à craindre.Ainsi en une vingtaine de jours les deux Tyrols comme leFrioul avaient passé aux mains de l’ennemi.

Ce n’était pas seulement en Italie, en Tyrol, en Bavière,que l’on combattait dans ce moment, c’était dans tout le nordde l’Europe, où la déclaration de guerre de l’Autriche avaitremué tous les cœurs, inspiré de folles espérances, et faitéclater des vœux prématurés ; car bien que Napoléon eût déjàcommis de grandes fautes, il n’avait pas commis encore cellesqui devaient le perdre, et jusqu’ici son puissant génie étaitplus fort que la haine des peuples soulevés contre son am-bition. Dans l’Allemagne entière on était, comme on l’a vu,indigné contre les princes attachés à son char par la crainteou par l’intérét, et, quoique la domination française portâtcachée dans ses flancs la civilisation moderne, on repoussait desbiens qui se présentaient sous la forme de l’invasion étrangère.