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LIVRE XXXV.
Mai 1F09.
Etablissementde batteriesincendiairescontre la villelortifiee.
fameuse promenade du Prater. De ce côté on pouvait établirdes batteries qui, en accablant la ville fortifiée, ne devaientattirer le feu que sur des habitations très-clairsemées, et surles îles du fleuve. De plus, en opérant le passage de ce bras,on s’emparait du Prater, et en remontant un peu au nord-est (voir plus particulièrement la carte n° 49), on isolaitVienne du grand pont du Thabor, qui conduit à la rive gauche.On la séparait ainsi de tout secours extérieur; on enlevait àl’archiduc Charles la possibilité d’y rentrer; on ôtait enfin âses défenseurs le courage de s’y renfermer, car ils avaient lacertitude d’y être pris jusqu’au dernier. L’archiduc Maxi-milien en particulier ne pouvait se résigner à y rester, étantsûr de devenir notre prisonnier sous quarante-huit heures.
Napoléon ordonna sur-le-champ à des nageurs de la di-vision Boudet de se jeter dans le bras du Danube qu’il s’agis-sait de franchir, et d’aller chercher quelques nacelles à larive gauche. Ils le firent sous la conduite d’un brave aide decamp du général Boudet, le nommé Sigaldi, qui fut des pre-miers û se précipiter dans le fleuve. Us ramenèrent ces na-celles sous les coups de fusil des avant-postes ennemis, etfournirent ainsi à deux compagnies de voltigeurs le moyende se transporter sur l’autre rive. Elles s’emparèrent du petitpavillon de Lusthaus, situé dans le Prater, et dont pouvait seservir comme d’un poste retranché. Elles en chassèrent lesgrenadiers autrichiens, et s’y établirent, de façon que ce pa-villon devint la tête du pont qu’on se hâta de jeter avec desbateaux recueillis dans les environs. En même temps Napo-léon fit mettre en batterie sur le bord que nous occupionsquinze bouches à feu, qui battaient la rive opposée, et pre-naient en écharpe l’avenue par laquelle on aboutissait au pa-villon de Lusthaus. On avait ainsi le moyen de secourir lesdeux compagnies de voltigeurs, en attendant que le pontachevé permît à des forces plus nombreuses d’aller les re-joindre. On construisit aussi, et simultanément, une batterie