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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1£ÜS).

Situation<îu Napoléon,maîtrede Vienne.

Nécessitéîle passer le Da-nutu* devantl’ennemi résul-tant de /'occupa-tion de Vienne.

qu’on avait eu l'imprudence d’armer. Après avoir passé leDanube il détruisit le pont du Thabor. Le général Oreilly n’a-vait plus qu’une conduite à tenir, s’il ne voulait pas faire inu-tilement incendier la ville, c’était de capituler. Dans la mati-née du 42, il demanda la suspension du feu, qui fut accordée,et il signa la reddition, qui garantissait pour les personnes etles propriétés un respect que Napoléon se piquait d’observeret dont il ne se fut point écarté, la ville n’eût-elle fait aucunecondition. Il fut convenu que le lendemain 13 mai les Fran-çais entreraient dans Vienne, lis y entrèrent effectivementau milieu de la soumission générale, et des derniers frémisse-ments d’un peuple qu’on avait vainement agité, sans prendreles moyens véritables d’utiliser son patriotisme.

Ainsi en trente-trois jours, Napoléon, surpris par des hos-tilités soudaines, avait d’un premier coup de sa redoutableépée coupé en deux la masse des armées autrichiennes àRatisbonne, et enfoncé d’un second coup les portes de Vienne.Il était établi maintenant au sein de cette capitale, maître desprincipales ressources de la monarchie. Mais tout n’était pasUni, il s’en fallait, ni en Autriche ni en Allemagne, et il avaitencore à déployer beaucoup de vigueur et de génie pour écra-ser les ennemis de tout genre qu’il avait suscités contre lui.Sans doute les archiducs ne pouvaient plus lui présenter à latête de 140 mille hommes une bataille défensive sous Vienne,et c’était certainement un important résultat que d’avoir em-pêche une telle concentration de forces sur un tel point d’ap-pui. Mais il restait une grande et décisive difficulté à vaincre,l’une des plus grandes qui se puissent rencontrer à la guerre,c’était de passer un fleuve immense devant l’ennemi, et delivrer bataille ce fleuve à dos. Cette difficulté, Napoléon n’a-vait pu la prévenir, et elle résultait forcément de la naturedes choses. Il avait dû prendre, en effet, en quittant Ratis-bonne , la route qui était la plus courte, qui tenait les archi-ducs isolés les uns des autres, et qui le rapprochait lui-méme