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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809 . nombre d'hommes qui le couvraient. Il évalua à 90 millehommes environ l’armée autrichienne, et vit bien qu’ellte ve-nait pour accabler l’armée française au moment du passage,L’archiduc Charles, en effet, averti le 49 de l’apparition desFrançais dans l’ile de Lobau, ri’avait songé à les reconnaîtreque le lendemain 20 à la tête de sa cavalerie, et convaincude leur intention après les avoir observés de près; il n’àvaitébranlé ses troupes que le matin du 21, de manière à être enligne dans l’après-midi du même jour. S’il eût paru le 20 ausoir, ou le matin du 21 , entre Âspern et Essling, la portionde l’armée française déjà transportée aù delà du fleuve se se-rait trouvée dans un immense péril.

’ Le major général adressa sur-le-champ son rapport àl’Empereur, qui ne vit dans ce qu’on lui apprenait que cequ’il avait souhaité lui-même, c’est-à dire l’occa'sion dé battreune fois de plus l’armée autrichienne et d’én finir avec elle.Mais tout à coup on vint lui annoncer'une nouvelle rupturedü grand pont, produite par la crue des eaux qui augmentait

Napoléon en »p- d’heure en heure. Le Danube,, qui s’était élevé de trois pieds

prenant la rup- .

ture du grand depuis la veille, venait encore de's’élever de quatre. Toutes

pont, veut d’a- 1

bord se retirer, lés amarres cédaient aù courant. Napoléon, en ce moment(après-midi du 21), n’avait avec lui que les trois divisions d’in-fanterie Molitor, Boudet, Legrand, les divisions de cavalerielégère Lasalle et Marulaz, la division de cuirassiers du géné-ral Espagne, et une partie de l’artillerie, ce qui représentaitune force d’environ 22 à 23 mille hommes 1 , consistant, il est

1 J’ai fait pour évaluer les forces émployées dans ces deux grandes jour-nées du 21 et du 22 mai, et qu’on appelle bataille d’Essling en France, ba-taille d’Aspcrn en Allemagne, des efforts conciencieux, ainsi que pour tou-tes les autres grandes journées de cette époque. On possède à leut sujet,comme documents, des ouvrages imprimés tant en France qu’à l’étranger,et qui contiennent les assertions les plus exagérées dans un sens comme dansl’autre. On possède en outre les états du dépôt de la guerre, qui sopt rédi-gés trop loin des faits, puisqu’on les dressait à Paris, pour qu’ils puissentêtre exacts ; on possède enfin les propres Livrets deil’Empereur, drejssés à