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LIVRE XXXV.
Mai L809-
Une nouvellerupture «les pontsdécide jNapolécnà suspendre lemouvement of-fensif de Lannes.
grand spectacle, dont il dirigeait la formidable ordonnance.Napoléon ne témoigne pas au récit que lui fait M. César de La-ville la satisfaction qu’il aurait dû éprouver. En effet un si-nistre accident venait de se produire. Après des efforts inouïsde la part des généraux Bertrand et Pernetti pour maintenirla communication entre les deux rives du Danube, la cruetoujours plus forte, les arbres déracinés, les bateaux ren-floués par l’élévation des eaux, les moulins enflammés lancéspar l’ennemi, avaient enfin déterminé une rupture complètedu grand pont, établi entre Ébersdorf et l’ile de Lobau. Cetterupture était survenue au moment où six beaux régimentsde cuirassiers, les deux divisions du maréchal Davout et lescaissons de l’artillerie se préparaient à défiler. On avait vuun escadron de cuirassiers coupé en deux s’en aller à la dé-rivé, partie à droite, partie à gauche, sur les bateaux entraînéspar le courant. Pourtant ce n’était pas la privation de troupesqu’il fallait le plus regretter, car les 60 mille hommes passésdans les deux jours précédents, suffisaient, surtout avec l’é-lan donné, pour culbuter l’armée autrichienne : c’était la pri-vation des munitions, dont une prodigieuse quantité avaitdéjà été consommée, et dont on devait bientôt manquer.
A cette triste nouvelle, portée par M. de Mortemart, Napo-léon , devenu trop prudent peut-être après avoir été trop té-méraire, craint d’étre tout à coup privé de munitions sur ce
est mort récemment en France, où il s’était établi. C’est de sa propre boucheque j’ai recueilli tous les détails rapportés ici, et pour être plus sur de mamémoire, je le priai de me les écrire, ce qu’il fit de Saint-Sauveur en 4844,dans une lettre curieuse de vingt-quatre pages, que j’ai conservée comme unmonument historique des plus intéressants. Je me suis servi d’un documentnon moins curieux de M. Baudru, aide de camp du maréchal Bessières, quia bien voulu m’écrire aussi tout ce qu’il avait vu. J’ai recueilli encore d’au-tres détails de la bouche du maréchal Molitor, du général duc de Mortemart,du général Petit, du général Marbot, du maréchal lieille, tous présents àEssling et à Wagram, et j’ai complété avec leurs renseignements la foule dedocuments écrits contenus au dépôt de la guerre. Je fne suis du reste tou-jours borné aux détails qui étaient d’une authenticité incontestable.