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[Vol. 6.]
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WAGRAM.

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mourants, dont les souffrances n’importent plus en présencedu danger qui menace tout le monde. Les tirailleurs de lagarde, que Napoléon avait confiés à Masséna, malgré leurjeune ardeur, malgré les vieux officiers qui les commandent,sont eux-mémes poussés en dehors du village. Aussitôt Le-grand avec les débris de sa division, Carra Saint-Cyr avecla moitié de la sienne, reprennent ce tas de ruines fumantessous les yeux de Masséna, qui est au milieu d’eux brisé parla fatigue, mais élevé au-dessus des faiblesses de la nature parla force de son âme. Legrand, chargé d’exécuter ses ordres, semontre partout, la pointe de son chapeau coupée par un bou-let, et obligé souvent de recourir à son épée pour éloigner lesbaïonnettes ennemies de sa poitrine. A gauche, Molitor jettedans le bras d’eau derrière lequel il est posté les Autrichiensqui veulent envahir l’Ilot. Grâce à cette héroïque résistance,Aspern nous reste. Mais l’archiduc nourrit un dernier espoir,c’est d’emporter Essling. Il fait envelopper cette position parles deux colonnes de Rosenberg, et dirige avec les grenadiersqu’il conduit en personne une attaque furieuse sur le centremême du village. Bessières, qui a remplacé Lannes, voit xenouveau péril, et s’occupe d’v parer. Napoléon, pour le se-courir, lui envoie les fusiliers de la garde, troupe superbe,formée pendant les campagnes de Pologne et d’Espagne, etprès d’atteindre à cette perfection, qui se rencontre entrel’extrême jeunesse et l’extrême vieillesse du soldat. C’est legénéral Mouton qui est chargé de les commander. — BraveMouton, lui dit l’Empereur, faites encore un effort pour sau-ver l’armée, mais finissez-en, car après ces fusiliers je n’aiplus que les grenadiers et les chasseurs de la vieille garde,dernière ressource qu’il ne faut dépenser que dans un désas-tre. — Mouton part, et se dirige sur la gauche d’Essling, oùl’attaque des grenadiers autrichiens paraissait plus à' craindre.Bessières, placé plus près des lieux, voit le danger à droite,entre Essling et le Danube, et il n’hésite pas à changer la di-

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Mai 1809.

Les fusiliers «lela garde, sousles ordres du gé-néral Mouton,repoussent unedernière tentativedes grenadiersautrichiens con-tre Essling.