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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809.

rèté, l’armecfrançaise resteimmobilesous une affreusecanonnade.

Larmes estfrappd mortelle-ment par unboulet qui luifracasse les deuxgenoux.

Nouveauxefforts de l’enne-mi sur 'es villa-ges d’Aspern etd’Essling.

comme paralysé, s’arrête en face de l’épaulement qui s’étendd’Essling à Aspern. Notre artillerie, en partie démontée, restesur le rebord du fossé, tirant avec justesse, mais avec lenteur,à cause de la rareté des munitions, et exposée au feu de plusde deux cents pièces de canon. Nos fantassins s’abritent dansle fossé; notre cavalerie, formant un rideau en arrière, etremplissant l’espace d’Essling à Aspern, essuie avec une ad-mirable impassibilité une canonnade incessante. Ainsi l’exigeune impérieuse nécessité. 11 faut tenir jusqu’à la fin du jour,si on ne veut être précipité dans le Danube qui continue degrossir. En ce moment un affreux malheur vient frapperl’armée. Tandis que Lannes galope d’un corps à l’autre poursoutenir le courage de ses soldats, un officier, effrayé de levoir en butte à tant de périls, le supplie de mettre pied àterre, pour demeurer moins exposé aux coups. Il suit ce con-seil, quoique bien peu habitué à ménager sa vie, et, commesi le destin était un maître auquel on ne saurait échapper, il està l’instant même atteint par un boulet qui lui fracasse les deuxgenoux. Le maréchal Bessières et le chef d’escadron CésardeLaville le recueillent noyé dans son sang et presque évanoui.Bessières, qu’il avait fort maltraité la veille, serre sa main dé-faillante, mais en détournant la tête de peur de l’offenser parsa présence. On l’étend sur le manteau d’un cuirassier, eton le transporte pendant une demi-lieue jusqu’au petit pontoù se trouvait une ambulance. Cette nouvelle, connue bien-tôt dans toute l’armée, y répand une profonde tristesse.Mais ce n’est pas le temps de pleurer, car le danger s’accroîtà chaque minute.

Les efforts de l’ennemi, arrêtés au centre, se tournentavec fureur sur les ailes, contre Aspern et Essling. Du côtéd’Aspern, les généraux Hiller et Vacquant dirigent des atta-ques réitérées sur ce malheureux village, qui n’est plusqu’un amas de ruines et de cadavres. On n’y marche quesur des décombres, sur des poutres brûlantes, ou sur des