WAGRAM.
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le parti de suspendre cette sanglante bataille, l’une des plus Mai l8ü9 -affreuses du siècle, et se décide à clore la journée en envoyant termine | ace qui lui reste d’obus et de boulets sur les corps placés entre -'““canonnade! 1 ” 6Aspern et Essling. Aussi tandis que dans Aspern les géné-raux Hiller et Bellegarde s’acharnent encore à disputer quel-ques débris de ce malheureux village, vers le centre et versEssling, l’archiduc Charles fait discontinuer les attaques, etse borne à porter son artillerie en avant pour tirer à outrancesur nos lignes. A un péril de ce genre il n’y avait à opposerqu’une froide immobilité. Notre artillerie, démontée en grandepartie, s’arrête comme elle avait déjà fait sur le bord du fosséqui nous couvrait, tirant d’intervalle en intervalle pour gagnerla fin du jour. L’infanterie s’établit en arrière à moitié cou-verte par le terrain ; et plus en arrière encore se déploienotre belle cavalerie, présentant deux fronts, l’un d’Essling àAspern, pour couvrir le centre de la position, l’autre en re-tour, pour couvrir l’espace entre Essling et le fleuve. Enfinla garde impériale, présentant deux fronts parallèles à ceuxde la cavalerie, demeure impassible sous les boulets, et onn’entend au milieu de la canonnade, que ce cri des officiers :
Serrez les rangs! Il n’y a plus en effet que cette manœuvre àexécuter jusqu’à la nuit, car il est impossible, soit d’éloignerl’ennemi, soit de le fuir par le pont qui conduit à la Lobau.
Cette retraite par une seule issue ne peut s’opérer qu’à la fa-veur de l’obscurité, et dans le mois de mai il faut attendreplusieurs heures encore les ténèbres salutaires qui doiventfavoriser notre départ.
Napoléon n’avait cessé pendant la journée de se tenir dansl’angle que décrivait notre ligne d’Aspern à Essling, d’Esslingau fleuve, et où passaient tant de boulets. On l’avait presséplusieurs fois de mettre à l’abri une vie de laquelle dépendaitla vie de tous. 11 ne l’avait pas voulu tant qu’il avait pu crain-dre une nouvelle attaque. Maintenant que l’ennemi épuisé sebornait à une canonnade, il résolut de reconnaître de ses