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LIVRE XXXV.
Mai 1809.
Embarquement
( T e Massena quiso retire le der-nier dans l’tle deLobau.
résultats et ca-ractèresde la batailled'Essling.
tandis que ses tirailleurs débouchant à travers le bois nousdécochaient des balles. Masséna, avec quelques officiers deson état-major, était resté sur la rive gauche, résolu à passerle dernier. On lui fit remarquer que nos postes commençaientà être vivement pressés, qu’il pouvait être subitement assailli,que le moment était venu de replier le pont, et de mettre finà cette résistance sans exemple. Il ne voulut rien entendretant qu’il aperçut sur la rive gauche quelque débris à sauverGourant en tout sens, il s’assura par lui-môme qu’on ne lais-sait pas un blessé, pas un canon, pas un objet de quelquevaleur dont l’ennemi eût à s’enorgueillir. Il fit ramasser en-core ce qu’il put de fusils, de cuirasses jetés le long du Da-nube, et comme çà et là des chevaux blessés et sans maîtreserraient au bord de l’eau, il les fit chasser vers le fleuvepour les obliger à le traverser à la nage. Enfin ne voyantplus aucun devoir à remplir sur cette rive devenue un solennemi, et les balles des tirailleurs pleuvant déjà autour delui, il s’embarqua le dernier, aussi fier que lorsqu’il sortaitde Gènes dans une simple embarcation sous le feu de l’es-cadre anglaise. Il fit couper les amarres du pont que lecourant du fleuve reporta bientôt vers l’autre bord, et enquelques minutes il fut dans la Lobau, les Autrichiens secontentant d’assister à la retraite volontaire de leurs adver-saires.
Ainsi se termina cette bataille de deux jours, l’une de plussanglantes du siècle, et qui commença la série de ces abo-minables carnages des derniers temps de l’Empire, où l’ondétruisait en une journée l’équivalent de la population d’unegrande ville. Le nombre des morts et des blessés pour celle-ci comme pour les autres, ne saurait être que difficilementprécisé. On peut évaluer la perte des Autrichiens à 26 ou27 mille 1 morts et blessés, à 15 ou 16 mille celle des Fran-
1 Leur bulletin officiel avouait 20 mille, et quand on sait à quel point