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[Vol. 6.]
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278
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Mai 1809.

Le premier soinde PJapoléon,après la batailleri’Essling, estd'envoyer dansl’ile de Lobaudes vivres et desmunitions.

Le second soinde Napoléon estde rétablir lespontsduDanuhe,pour ramenerl'armée surla rive droite, etparer à un pas-sage des Autri-chiens

sous Presbourg,

278 LIVRE XXXV.

Le premier danger auquel il fallait pourvoir, c’était unetentative de l’archiduc Charles pour passer le petit bras duDanube, et envahir l’ile de Lobau. Napoléon ne le craignaitguère, moyennant que les quarante - cinq mille hommes de-meurés sous Masséna dans cette île immense eussent desvivres, des munitions, des effets de pansement. Son premiersoin, comme on vient de le voir, fut de leur en envoyer dansla nuit même du 22 et dans la journée qui suivit. Ce qui restaitde bateaux du grand pont détruit fut employé à cet usage, eten trente-six heures Masséna eut assez de gargousses et decartouches pour arrêter tout essai de passage, assez de bis-cuit pour préserver ses soldats de la faim. Les cerfs et leschevreuils, qui existaient abondamment dans l’IIe de Lobau,devaient fournir la viande à cette troupe de quarante-cinqmille chasseurs. Ainsi, grâce au dévouement des ponton-niers, qui, malgré la crue extraordinaire du Danube, malgréles énormes corps flottants dont il fallait braver le choc, necessèrent d’opérer au milieu des plus grands périls un trajetextrêmement pénible, l’armée eut le nécessaire pour se dé-fendre et pour vivre.

. Le second danger dont on devait s’occuper sur-le-champ,c’était la possibilité d’un passage vers Presbourg, le seul au-quel Napoléon accordât quelque créance, parce que c’étaitcelui qui exigeait le moins de hardiesse. Mais pour parer àcelui-là, il fallait avoir vaincu une grave difficulté, c’était derétablir le pont sur le grand bras, ne fût-ce que temporaire-ment, car, sans ce pont, le maréchal Davout était exposé à setrouver seul avec deux de ses divisions, et avec ce qui n’a-vait point passé de la garde et de la grosse cavalerie, pourrésister à l’archiduc Charles. La troisième division du maré-chal Davout, celle de Morand, restée entre Saint-Polten etVienne, serait évidemment indispensable pour contenir lacapitale pendant que les deux autres combattraient. 11 estvrai que ce vigoureux lieutenant de l’Empereur avait répondu