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[Vol. 6.]
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WÀGRAM.

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sible, donnant à l’archiduc Jean l’ordre de l’y rejoin- m»* i«wdre au plus tôt, et surtout chantant victoire en Allemagne,écrivant partout que les Français avaient été battus, presquedétruits, parlant de trente à quarante mille morts ou blessés,d’autant de prisonniers, de façon que si ces bruits avaientété vrais il ne serait pas resté un soldat à Napoléon ; parlanten outre d’une retraite inévitable et prochaine des Fran-çais sur Lintz, Passau et Strasbourg même, promettant enfinà tous leur délivrance générale et certaine, si l’Europe, etparticulièrement l’Allemagne, voulait seconder l’Autriche parun seul effort. Heureusement pour Napoléon, ce que l’archi-duc sut faire de mieux pour user de se victoire, ce fut de sevanter du succès obtenu, et vanité à part, c’était quelquechose d’utile, on le verra bientôt, que de se vanter beau-coup , même au delà de toute vérité et de toute mesure.

En effet, Napoléon avait bien moins à redouter la consé-quence matérielle de la bataille d’Essling que ses conséquen-ces morales. En réalité, bien qu’il eût, comme nous l’avonsdéjà dit, échoué dans un passage du Danube tenté prématu-rément, il conservait en gardant l’île de Lobau la base detout passage ultérieur, et il avait beaucoup plus affaibli l’en-nemi en soldats qu’il ne s’était affaibli lui - même. Mais cequ’on allait dire en Allemagne, en France, en Europe de cesdeux grandes journées, pouvait provoquer des résistancesimprévues, diminuer l’ascendant moral dont il avait besoinpour être obéi, et pour attirer à lui toutes les ressources deson empire. Cependant il ne s’inquiéta pas plus qu’il nefallait de l’avantage qu’on allait tirer des derniers événements;il écrivit en tous lieux pour redreser l’opinion, pour que lesdeux journées d’Essling fussent envisagées comme elles de-vaient l’être, et par-dessus tout, il prit des mesures vigou-reuses afin de réparer cet échec apparent ou réel, afin d’entirer même dans un avenir prochain des résultats inattenduset décisifs.