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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Juin 1809.

L’archiduc Jeanet l’archiduc Pa-latin se décidentà livrer batailleavant de se re-plier derrière leDanube.

Dispositionde l’armée autri-chienne sur laRaah.

(Voir la carte n° 32.) Un camp retranché était lié à la place,et offrait une bonne position sur la Raab. L’archiduc Jean yavait été rejoint par son frère l’archiduc Palatin avec les for-ces de l’insurrection hongroise. Les deux princes pouvaientprésenter aux Français environ quarante mille hommes, dontmoitié de troupes régulières venues d’Italie et du Tyrol, etmoitié de troupes à peine formées de l’insurrection hongroise.Celles-ci se divisaient en douze mille hommes d’infanterie,espèce de ramassis de toutes les populations magyares ouallemandes du pays, et en huit mille hommes de cavalerienoble, peu habituée aux rudes guerres de cette époque. C’estavec ces 40 mille hommes, de qualité si inégale, que les deuxarchiducs voulurent tenir tête encore une fois au prince Eu-gène, avant de lui abandonner la rive droite du Danube, etde se reléguer sur la rive gauche.

Déjà les 12 et 13 juin ils avaient été talonnés par les avant-gardes du prince Eugène, et le 13 au soir ils s’étaient postésautour de Raab, certains d’avoir une affaire fort chaude lelendemain, s’ils ne consentaient à battre en retraite. La po-sition leur paraissant avantageuse, ils s’établirent sur un pla-teau, leur droite appuyée à la Raab, leur dos tourné au Da-nube qui coulait quelques lieues en arrière, leur gauche à desmarécages qui s’étendaient au loin. Ils employèi’ent la soiréedu 13 juin et la matinée du 14 à rectifier leur position, etsurtout à mêler ensemble, pour donner aux unes la consi-stance des autres, les troupes régulières et les troupes del’insurrection. Ils suivaient en cela un ordre formel de l’ar-chiduc Charles, ordre fort sage, mais qui en cette occasionleur fit perdre beaucoup de temps. Ils ne furent pas prêts àcombattre avant onze heures du matin, le 14.

Heureusement pour eux, le prince Eugène, quoiqu’il eût mar-ché avec une grande bonne volonté de les atteindre, n’était paslui-même en mesure de les aborder avant onze heures ou midi.

Il avait longé, comme les deux princes autrichiens, les